La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

L'ÉDUCATEUR ET L'ÉDUCATnlCE DE L'AVENIR 511 Vous n'aurez que des exceptions, <lites-vous? Parfaitement, je ne veux rlans la carrière d'éducateur qu<?les doués exceptionnellement, les G00.000 extraordinaires sur les :30 millions d'ordinaires. Après stage, je ne yeux conseryer qur les très capables, sans aucune considération personnelle; pas de droits acquis à empoisonner l'éducation publique; ceux. qui faiblissent ou qui sont insuffisants cloiYent sortir; tàche d'assainissement social. Ceux qui ne font pas bien leur méti"er de réformateur et d'apôtre, t1·ouyez-leur un autre rôie, mais ne les gardez pas dans l'école. • Sans cette rigueur nécessaire, point cle Corps d'Educateu,rs. Dan:'>l'En:'>eignement secondaire on a longtemps formé des savants et des littérateurs pom· qui l'éducation de l'enfa.ncc était une préoccupation ennuyeuse, inférieure. Aussi avait-on séparé les fonctions : l' Ensei,gnement, la haute cultm·e intellectuelle, aux professeurs haut µrarlés; la discipli"-r1e, car il n'y avait pas cl'Jttlucation réelle. aux maîtres d'études, aux. parias de l'enseignement On n'a pas encore pu t·éunir les (leux fonctions. Et si on agissait ainsi, ce n'est pas pai·ce qu'on croyait, comme nous, tiue l'Education de l'intelligence est la meilleure et même la seule c1,lture mornle, car on éduquait incomplètement l'intelligence a:rnc les humanités, et l'on ne suiYait pas la doctrine positiYe qui fait ile la science la règle do la Yie. C'est simplement parce que la cultul'e graduée de lïntelligence, semblait peu intéressante à des esprits qui manquaient de la souplesse nécE>ssairrpour se mettre à la portée <l'intelligences non arlultes : les classes de lettres étaient seules estimées; l<.'s ag-t'égés de grammaire, étaient consi<lérés comme d'un rang inférieur. La règle que nous avons posée précédemment doit et peut ::;'appliquer à l'enseignement sccondait•e. Que ceux qui Yeulent être seulement <les savants restent dans cette sphère. L'É<lucateur est un p1'opagateur, un apôtre, un mü,::;ionnaire, un vulgarisateur, un réformateur. L'Education c'est la science des réformes, des refontes, <lescréations, des no,·ations, cles évolutions. C'est une aptitude spéciale, une ardeur sui generis qui distin,quent le véritable institutew·. Des maîtres actuels, les deux tier.~ n'ont pas lo cliable au corps nécessaire a ce métier idéal. Les deux tiers des brcYetés qui n'ont pas été chargés de classes, ont peut-être les qualités nécessaires. Pourquoi ne pas les essayer comme stagiaires? Je 1leman<lcune réyü:;ion des mandats. Faites des employés, des députés, de tous ceux qui ne sont pas nés éducateurs; pensionaez-les même, s'ils sont 11gés. Vous y gagnerez encore. Remerciez tous ceux qui sont éteints, qui n'ont pas le feu sacré, - et vous anrez plus fait pour l'Èducation de l'avenir, que si YOUS aviez ré<ligédes centaines de programmes, de réglements, et de lois.

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