REVUE DES LCVRES 501 - Toutes les souffrances et les injustices de no!re monde, lui dit-il, proviennent de ce qu'il y a des gens qui possèdent les terres, les magasins de commerce et les rentes. A cause de cela les ouvriers en masse sont privés de tout, exposés à toutes les misères et obligés de se soumettre aux riches pour obtenir un logement, du travail ou des secours. Tant que des individus pourront laisser en héritage à leurs enfants leurs terres, leurs maisons, leurs fabriques et leurs rentes, les mêmes souffrances continueront à affliger la masse du monde. - Fort bien! M. Paul. S'il y a des familles qui ont tout,il faut bien que les autres n'aient rien et soient dans la misère et dans la soumission. Mais comment ça pourrait-il être autrement1 Il n'y a qu'un moyen, pour empêcher ce~ injustices, c'est que tous les biens dans la commune, dans la province et dans la nation appartiennent à tout le monde. - Mais, M. Paul comment les biens pourraient-ils appartenir à tout le monde1 - Lise est-ce que la mairie, les écoles, les maisons des instituteurs, l'abattoir et encore d'autres biens n'appartiennent pas à tout le monde .dans la commune? Est-ce qu'il n'y a pas des biens qui appartiennent à tout le monde dans le département et dans la nation pour des millions et des centaines de millions? Est-ce que notre commune, si elle était propriétaire des terres, des maisons, des fermes, des fabriques et ctes magasins de commerce ne saurait pas les louer aussi bien qµe les propriétaires d'à présent et en recevoir les fermages et les loyers! - Ça, je ne dis pas non, M. Paul, ce n'est pas difficile de louer son bien et de recevoir le louage au bout de l'an. Enfin, Paul explique si bien à Lise ce que c'est que le socialisme que Lise, une fois l'entretien terminé, est devenue tout à fait socialiste. « Ça suffit,M. Paul,à présent je sais, et au lieu de décourager Jacques,quaud il s11ralentira je le remonterai et je lui redonnerai du cœur, et j'exciterai les camarades à prêcher leurs maris pour les faires entrer dans le socialisme. » c Pour finir, dit Jacques à ses amis, je vous donnerai à tous les deux un dernier conseil. Vous rencontrerez des gens qui vous diront : « travaillons à la < révolution, elle fera notre bonheur d"un seul coup ». D'autres au contraire diront < pourquoi nous donner de la peine, est-ce que ce n'est ,pas toujours la « même chose pour changer? » Ne croyez ni les uns ni les autres,ne vous laissez aller ni à un fol espoir ni au découragement. Les améliorations ne se gagnent qu'une à une et elles ne viennent jamais sans qu'on ait travaillé pour les gagner; mais lorsqu'on a travaillé courageusement et sagement pour les conquérir, elles arrivent chacune à leur heure. De plus, une amélioration impossible ou difficile aujourd'hui, poul'fa devenir possible, facile même demain. Si donc vous et vos frères les ouvriers, vous voulez bien employer votre temps et vos peines au progrès, cherchez toujours à amen.er l'amélioration qui est la plus facile à obtenir dans le moment présent. " L'auteur du petit Catéchisme socialiste nous permettra de lui dire que quelques-unes de ses idées nous paraissent discutables Pa1· exemple celles concernant les devoirs de la maternité. L'enfant, jusqu'à un certain âge, a besoin de l'amou1· et des soins constants de sa mère. Pour le bonhem· de l'humanité, le sentiment maternel ne doit pas être affaibli mais au contraire élevé à sa plus haute expres~ion dans le cœur des mères. Si, dès leur naissance, on apportait, ainsi que Paul l'explique à Lise, les enfants à la crèche, où la mère n'aurait qu'à aller les allaiter, afin de laisse1· à celle-ci plus de liberté, le sentiment maternel n'en serait-il pas affaibli~ Mais la manière imparfaite dont,â notre avis,l'auteur envisage les devoirs de
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