500 LA REVUE SOCIALISTE Il est inutile de s'avancer plus Join dans l'analyse du livre po1fr démontrer le mal fondé de la théorie anarchiste. Le socialisme base son édifice sur les principes de justice sociale, acceptés par l'élite actuelle de l'humanité. Le rôle de l'Etat est de faire resp€cter, observer les lois de justice, malgré les instincts et les passions des hommes. En donnant ce rôle à l'Etat, l'individu se défend contre lui-même. Après avoir reconnu où est son intérêt, son bonheur, il les met sous la sauvegarde des lois, et c'est ainsi que le droit collectif est l'expression du dl'oit individuel. L'anarchie base son édifice sur une égale per·fection des êtres humains qui n'existera très probablement jamais, et qui, en tous cas, n'existe pas présentement. D'après les anarchistes, le sentiment de la justice règne également clans l'âme de tous les hommes, ce qui est absolument faux. • Nous en concluons que la théorie anarchiste, surtout attenuée comme chez le citoyen Malato,peul avoir une valeur tendancielle pour l'aveuii·; mais qu'elle est un système social incompatible avec l'état intellectuel et moral des hommes, au temps présent. Pout· que les doctrines socialistes pénètrent clans les masses, elles doivent être expliquées avec un langage clair, simple et même familier. A ce point de vue, le Petit Catéchisme socialiste de Ch. Baggio, peut obtenir de plus grands résultats pratiques qu·une œuv1·e scientifique qui n·est lue et comprise quo par un nombre restreint de lecteurs. Le Petit Catéchisme socialiste est écrit sous forme de dialogue entre trois personnes. « M. Paul, depuis deux ans que nous devisons sur le socialisme, il me semble que vous m'avez à peu près tout dit. « Oui, Jacques. 11nous reste pourtant une chose à. tenter, c'est la _conquête des femmes au socialisme. « Et vous· pensez que ça serait une bonne affaire, si les femmes venaient avec nousî « Sans aucun doute, Jacques, nous ne devons pas oublier que les femmes forment la moitié de la nation ; qu'elles ont beaucoup d'influence sur les hommes et nous devons bien nous persuader que, tant qu'elles resteront indifférentes au progrès, uous ne marcherons pas franchement en avant et nous chemine1·ons avec lenteur et difficulté. Depuis que nous nous enti·etenons ensemble là-dessus, en avez-vous causé quelquefois avec Lise votre, femme, pour l'amener à nos idées 1 « Je lui en ai parlé etje lui en parle encore souvent, M. Paul;elle dit que ce serait fort bian si ça pouvait arriver, mais elle finit toujours par dire qu'il n'y aura jamais moyen, qu'on restera comme on est et que c'est perdre son temps que d'y penser et de s'en occuper. Je sais bien que je ne suis pas capable de lui explique1· toutes les choses comme vous et c'est peut-être poul' ça que je ne réussis pas. Pour en êlre sûr, il faudrait que vous vous veniez à la maison,un dimanche, après-midi, pour expliquer vous-même la chose à Lise. » Paul, se rend à l'invitation, de son ami et dans un langage à la portée de son auditrice, il explique à Lise ce que c'est que le socialisme; il lui démontre que, dans une société bien organisée, les vieillal'ds devraient avoi1·leur existence assurée, que le divorce aujourd'hui ne peut profiter qn'aux riches et aux époux qi.ün'ont pas d'enfants; que la misère règne parmi les travailleurs parce que l'industrie et le commerce, sont livrés aux caprices des patrons et aux hasards de la concurrence. Il lui demande si elle n'est pas obligée de payer un tiers de plus les marchandises et si, au lieu d'avoir des produits de bonne qualité, elle n'a pas souvent des marchandises de rebut, parce que le marchand à intérêt à la tromper.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==