La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

REVUE DES LIVRES 497 in-18 de la Bibliothèque de philosophie contemporaine. 2 fr. 50, 2° édition (Félix Alcan, éditeur). Cette deuxième édition, revue avec soin et très augmentée, est un ouvrage véritablement nouveau. Les philosophes y trouveront une morale et une esthétique, construites sur i'étude des grandes littératures; les purs lettrés les plus intéressants aperçus <lecritique littéraire. L'objet de ce liHe est, en effet, de montrer l'évolution de la moralité au courli des âges, et d'en chercher les témoignages principalement dans les œuvres dramatiques des poètes, qµe l'on peut considérer comme de véritables expériences morales, à demi-fictives, à demi-vécues. L'auteur ne s'est pas borné à la critique des idées classiques de la morale : devoir, obligation, liberté et responsabilité; il a étudié encore les conflits moraux, les héros pathologiques, l'évolution et la race, les rapports de l'art et de la littérature, en se plaçant toujours au point de vue de la science moderne. On lira ce volume avec plaisir et profit. Le poète Socialiste Eugène Pottier, ancien membre de la Commune, par P. Argyriadès, prix 60, chez l'auteur, 1, rue Paradis lYiarseille. - On se souvient sans doute, de l'émotion qui s'empara du public socialiste, à l'annonce de la mort de Pottier, le chantre des douleurs et des luttes du prolétariat, et des incidents auxquels ses funérailles donnèrent lieu, qui amenèrent une interpellation de Clovis Hugues à la Chambre. M. P. Argyriadès, qui eut occasion de connaître le poète, l'étudie dans son talent si varié, si souple, dans l'indignation hautement relevée de ses œuvres, dont quelques-unes touchent au génie. En effet, Eugène Pottier fat un poète de grande envergure, et il laisrn heureusement bien derrière lui, grâce au caractère populairn de sa poésie, la plupart des pales versificateurs de notre époque. L'écrivain qui met cette physionomie sympathique au jour, a ajouté un document de plus à la vie d'Eugène Pottier, toujours animée par un esprit viva~e de justice et de vérité. Nous ne saurions trop recommander le travail de M. P. Argyriadès à no;; lecteurs qui ne pourront, à leur tour, que le remercier d'avoir mis sa plume d'écrivain socialiste à la glorification d'un homme que les travailleurs ne sauraient trop honorer. La Philosophie de !'Anarchie, par Charles Malato. Librairie Cosmopolite 26, rue d'Avron, Prix 1 fr. 25. Petit catéchisme socialiste, ou la conquète des femmes au socialisme, par Ch. Baggio. Prix 50 centimes. s·adresser à Ch. Baggio, 21, rue du Centre, à Carvin (Pas-de-Çalais). Les questions d'économie sociale dans une grande ville populaire, par Eugène Rostand, lauréat de l'Académie française. Paris, Librairie Guillaumin, H, rue Richelieu. Prix 7 fr. 50. Envisagé au point de vue de la forme le livre du citoyen Malato est bien écrit. Ceci dit, nous allons nous occuper de l'idée qu'il renferme et que rious nous proposons de combattre, au nom des principes socialistes bien compris. L'anarchie, de même que le socialisme, réclame la socialisâtion des forces productives ; mais, tandis que le socialisme veut un contrôle émanant d'une administration central~, l'anarchie, tout en proclamant la nécessité du concours de tous à la production, proclame l'autonomie absolue de la personne humaine. « Quel homme de bon sens, de bonne foi, pourra.it, nous dit le citoyen Malato, nier que la vraie liberté consiste à être maitre absolu de sa personne et de sa volonté, l'indépendance de chacun assurant l'indépendance de tous. » L'auteur

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