La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

J7t LA REVUE SOCIALISTE incoulesLables, quoiqtH' pas:-agr1·s, d'aliénation rn 0nlale. Mais <1nellc pol1flé1·aliou des :ientiments et cle:iirlées, quelle p ui:-sancc c·é1·éhral<' chez un .\.l'isLoLe,chPz un Shakespeat·e, chez un GruLhc 011 nu l\Ioliè1·c! Quant it ceux qui, moin:i g1·a])(lS,n1oin s solidement 01·ganisC:•s,Yoient lem· cerveau suceomber sous l'cffo1 ·t Lenlé ou sous k poids des circoustauccs, wmmP un Schumann ou un E<lga1·d Pot;, nous ne pmn-ons que les plaiuclt-e,sans eesser toutefois de le:-.acl111i1·e1·.Bien plus, nous cleyons noli·e 1·cspect, sinon notre gratitude, ù toutes ces t.êle~ chaudes, it <.:es«cerveaux brùlés » c;o111meclispnl k-- gens rnssis - <1ni, peu soucieux des intérêts vulgai1·es, ll'Ouwn 1 dans le dé, 1H1crne1ltà la bonne cau:w le plus 1·éc l et le plus sublime bonhcul'. Xr rlil<'s donc pa~ cgw 1(, génie confine ü la folie'; en dc;piL d<•cel'laines lésions cé1·él.Jrales possiules, dont l t•8 pcuseues li!' cloiYC'ulpa'- èl1·e plus rxPmpls que les autrr--, c'psL le contrai1·c qui t•st la, é1·ité. .Au plus bas degré de l'échcll<' des iu teWgeuces, :-ont lps faibles c1·csp1·ils Pt les criminels hérédiLai1·es; au sornmel., l<'sg'l'aJJd s ho111111esdont J'o1·ganisatiou cé1·éb1'alc parfait<> C'onsl.itue l'épa11011issemcnt sup1·è111edes fo1·m<•sorganiques. C'<'sLit PUX su1·touL <jll(' ~·appli11u<•11L <.:C'-bl'llcs paroles <lpIIn1·chke : « LP u•1·n•a.u est l<' l<'mplc de ce qui nous intén•sse lP plus au monde. Oui, l a destinée tin g-em·<• humain <''-Lét1·oilP111eul iée aux 65 ou 70 pouces cub<'S d<' la 111assp cé1·éln·al(', eL lï1isLoi1·erie l'H nmani té s ·., t 1·011H'insc1·ift> c:0111111r en uu gmnù lin'<' pl<'Îll cl'hiérog-lyphps ». Telle est la, 1·ai<•tltéo1·ic matél'ialislt>, c'psf-iL-dit·<' scicutifit!lH'; <1mmL i~ l'autt'P, celle tle Lombroso, dont on youd1·aiL a ttribuer la 1·csponsabilité à ll0Ritlées philosophiques, nous la 1·t 1 poussons comme radicalement iauss<' Pt ir,·<•médiablernenl inepte. EllP ne saurait, dans tous l<•sC"as,i·elc>YCJ•<1ue de C<' 111alé1·ialisme bi>te, admis pal' certains igno1·ants, sui· la foi des spirilualisl<'s q ui l'ont lirt'• cl<'ll'lll' ce1•yellc pom· en ayoit' plus facilement 1·aison. Quoi qu'il en soit, lrs grands hommps 1·eslenl l<'ls pour tont le monde, excepté pour les « Yalets.,, (1) eL pow· l\l . Lombroso. Rieu de profitable, au poiul. de YUPde la philosophie 11u inous occupe <.•nce moment, comme l'étude~ iles génies qui sr sollt illusl1·és dans cette branche si impol'lanLe des connnaissances humaines. Je suis heureux, à ce point de vue, quP la publication assez l'('C<'llÜ' dp la traduction du lin-c des « Héros » de Cal'lyll' lll<' fom•nis~e l'occasion de pt·ésentcr au lecLc>m·ce pcnsem· profond,si mal couuu dams nol 1·e pays. Le line en question est un de ceux dont je propo~ai la ti-aducLion à plusieurs éditeurs, à mon retour cl'.An gletel'l'e. Je reg1-ette (1) On conoatt le mot profond de llégel en réponse a u dicton : « Il n'y a pas de grand homme pour son valet de chambre. » « Ce n'est pas, dit l'illustre philosophe, parce que le premier n'est pas un grand homme, mais parce que le second est un valet. • (Hégel, Philosophie der Geschichte. Einleitung).

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==