La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

MOUVEMENT PHILOSOPHIQUE EN FHANCE 11:T A L'ÊTI\ANGEH 473 « Et qui pom't·ajt niel' les faits si ce n'c:t les ignorants? Mais, des i~nol'ants, le temps fait pl'Omptement justice?» (p. X.) - Mais pe1·mettez, che1· professeul' ! Enco1·e faut.-il sa.Yoir quels sont ces faits, et de plus, de quelle façon on doit les inte1·préte1·. 01·, quelle confiance ,·oulez-Yous, d'abo1·d, que nous accordions a un homme aussi mal 1·enseigné que yous, êUtssipeu apte a juger ces matières de philosophie génél'ale et d'e thétique? Exemple : Yous citez le cas ,!'Auguste Comie,qui a cel'tninernent souffert ,lu ceneau; mais cc n'est pas ce qui Yous occupe. Vous Youlez le J)l'ésenter comme atteint de « folie mo1·ale » et Yoici ce que vous mppo1·tez a l'appui : u Son culk amou1·eux pou,· sa Lau,·e (Clotilde de Vaux)·était si pPu sincE>1·equ'il en aYait fixé l'horni1·c, cléienninanl. le jour, le mois et l'heure où il tleYait,pleure,· sa mémoire! » (p. 04). Ce point d'Pxclaniation serait bien mieux placé en face de la pensèe même pai· Yous t•xp1·irnée ici. lleur·cux et bénis les gens qui pleu1·P1ü e11co1·t'leu1'!-- 11101·islonp:i.t'mps après la catasti-ophe, à ce1·tains annive1·safros! li f'aul 1·cg1·eticrque .M. Lombl'oso n'ait pu comprendt·e cela, 1·e1.n·dlo1· aussi son ig-no1·anceau sujet dt' la g,·,rndC'et inconsolable douleur que laissa dans l'àme ,le Comb?, toulC' sa Yic durant, la perte de Clotilde de Yaux. Yoilà qui esl dé,ia assez g1·aw•.Mais cc n'est pas tout: « A. Comte eonti11uc l'auteu1·, se cn1t l'apôtre et le prêtre d'une religion matt•- r·ialistC', lui qui rnulail <létn1i1·ele sacerdoce» (p. 63). Et ailleu1·s, toujou1·s comme pt·t'uYe à l'appui <le la folie morale clu grand philosophe: « Il prétenclait i>tr·ele :,r1·ai1dp1·être <lel'Humanité » (p. ,Il). De fait M. Lomb,·oso se rep1·ésente Comte tout simplement comme un de ces fous 1·cligieux qui peuplent les asiles et se croieut Dieu, pape, ou quelque c·hose de ce gem·e. Ehl bien franchement, il n'est. pas pel'mis de le p1·end1·elle si haut ayec les « ignorants », quand on fait un si singulier étalage d'une« science» aussi imparfaite. Et l'exemplt' cle Comte n'est pas le seul. George Sand fig-ureclans le rnlumc.comme atteinte en quelque so1·tecle « folie du suicide» pai·cc 11uc « dans les moments les plus heureux. de sa vie elle a res ·enti le désir d'un étemel repos» (p. 3). M. Renan qui possède, je l'a.mue, 11uefoi-te dose de scepticisme, polll·r·ait bien êti·e atteint ile la« folie du doute ». (,Juant. à l'immortel .BeethoYeu, il est mis dans le tas p,u·ce qu'il était l1·èsméticuleux, qu'il avait une écriture illisible et n'était pas fort. en arithmétique » (p. 91). Mais en Yoilà plus qu'il ne faut pour apprécier le p1·océ<léà sa juste Yaleur; un mot maintenant sur la doctrine en elle-même. Sans doute on admettra bien, avec Lombroso, que les penseurs ont souYent, comme certains fous, le cerveau hypérémié; leur tête est souYcnt b1·ûlante et leurs mains sont froirles. Sans doute, ajoulC'rai-je, un Swift, un Tasse, nn Rousseau ont offert des signes 31

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==