La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

MOUVEMENT PHILOSOPIJIQUE EK FRANC:E ET A L'ÉTIIANGEI{ 469 emploie rour obliger l'homme a perfectionner son industrie est br·utal; il intlige aux in<liYi<lnalitésles moins actiYes et les moins industrieuse:-- une pénalité cruelle; mais la nature ne considère que l'intérêt général et permanent de l'espèce, elle lui sacrifie l'intérêt particulier et temporaire ,le l'individu, tout en <lonn,1ntà chacun la possibilité de concourir et rle 1·emporte1·le prix de la lt1tte » (p. 12). Les lecteurs rie la Revue ne m'en voudront pas cl'aYoircité ce pl'écieux morceau, qui ,instille, et au ùela, les attaques les plus Yiolentes dont la iloct.rinc des économistes a pu être l'objet. Une réfutation n'est pas nécessai1·e ici : je ne di1·ai qu'un mot. Sans m'appe:-;antit· sur la « possibilité n poul' un rnisé1·able mineur de l'emporter le prix dans la lutte cout1·e un millionnaire, ou !>Ur le· torts ù'un prolétaire quelconque, assez 1·etl'ogrnùe pom· « s'attarder sur la 1·oute du progrès,,, et subissant pou1·cela le maximum de la peine, c'est-à-dire, la mort, je ferai remarque1· à M. de Molinari <1u'ilexploite au profit ùe ses idées - mais sans la cornp1·cnd1·ela grande doctrine de n~volntion. Qu'à l'au1·01·e de l'Humanité. auroee funèbre et sanglante, les choses se soient passées comme il le ùit, cela ne pat·aît pas douteux. Mais qu'aujourd'hui, apt'ès des siècles de cultul'e, alo1·s que la conscience du droit s'est réYcillée chez les ciYilisés, on Yienne nous donnei.' comme le demier mot de la « Mol'ale économique », une théo1·ie qui aul'ait fait rougi1· l'homme <les caxcmes, s'il <'ut été capable de la comp1·enùre, - Yoilà (1uipasse les IJOl'l1esde la plaisanll'l'ie permise. Sans ùoute, l'auteu1· peut s'appuym· sut· rauto1·ité de M. Het'bert Spencer, apôtre malencont1'eux, lui aussi, de la <locti-ine<lu laissez-Cail'e et de la concu1·rence san vage et sans frein. Ce n'est pas une excuse. J'ai présenté ailleurs, dans mon linc de l'État. (p. 112, s11.),la 1·éfutation de ces théories.l10mici!les, et pa1·bonheu1·, nulicalement fausses. M. cleMolina.ri, <l'ailleu1·s, a toutes les audaces : il faut encore en citer un exemple. Aujoued'hui, dit-il, « l'oun-ier libl'e s'applique à ne liwer que le minimum ,le son traYail; à son tour, il exploite celui qu'il accuse, à tort. ou a raison, de l'exploitee ~ (p. ü3). L'omTie1· accusé d'exploiterle patron! Voilà qui suffit à caractél'iser les principes et la moralité de la Moule économique. De fait, le premier soin de ceux qui veulent établir la théorie de l'Ethique doit êtt·e ùe se renseigner exactement sur la nature humaine. L'ouyrage <leM. Ferrière, « La vi'e et l'cime » peut 1·endl'e à cet égard quelques senices. << Ce li\Te est le seconù d'une trilogie dont le but est de démontrer l'unité ùe substance, au moyen de faits positifs, à l'exclusion de tout argument a prion·. C'est la p1·emière fois qu'aura été tenté, au profit de la philosophie, un essai de synthèse scientifique; et vu l'état des progrès de la science, cet essai ne pouvait être tenté que dans le dernier quart du xrxe siècle.~

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