La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

MOUVEMENT PHILOSOPHIQUE EN FRANCE ET A L1ÉTRANGER 467 mique » apparaît ici comme une expression synthétique pour rlésigner l'ensemb1e rles théories rles économistes, partisans du capitalisme et ùn laissez-fait·e, par opposition aux. ùocti·ines socialistes. Que si l'on prenait le mot clans son sens onlinaire et génét·al l'expression de « Morale économique » pêcherait contre la langue. « L'intérêt ou l'utilité de la Société, tel est le fondement de la morale » dit en commençant le distingué rlfrecteur du Journal des Économistes. D'abord, cela n'est pas très exact il s'agit plutôt ici du fondement de la justice. L'auteur entreYoit bien l'équivoque et il se demande immérliatement s'il existe un lien entre l'intérêt de l'indiYidu et celui de la société. Mais il se fait ceùe réponse étonnante : « ,Nous ne possédons malheureusement, à cet égard, aucune information positiye et nous nous trou,·oni:;en face de deux opinions opposées : 1 ° l'opinion matérialisi.e, cl'ap!'ès laquelle l'existence ùe l'indiYidu étant limitée au court séjour qu'il fait sut' cette te1Te, il scr·ait uniquement iutét·essé à la consenation et à l'accroissement de ses pt·opres fo1·ces; 2° l'opinion spiritualiste qui éten,1 d'une manièt·e indéfinie dans le temps l'existenc<:!des individus successifs dont se compose l'espèce et les associe, par conséquent, a ses 1lestinées bonnes ou mauvaises. Dans cette !hypothèse l'indiYidu est toujours intéressé (à agir d'une fa"1onconforme à l'intérêt cle l'espèce» (p. 3). On croit rher. Ou l'auteut· a Youlu exp1·imer une idée tellement ex.traol'tlinafre que, selon l'ex.pr·essioJL<leje ne sais plus quel métaphysicien,., il n'y a que Dieu et lui pour la comprendre,. ou, si l'on s'en tient aux simples lumières ,le la raison, il a mis bout à bout <les mots dont l'ensemble n'a pas rle sens. Je ne parle pas de ce q~i regarde les matérialistes; c'est <lesa part ignorance pure, tout le monde, excepté lui, i:;achantque la morale scientifique, utilitaire ou inductive, est précisément le fait des matérialistes ou, si l'on aime mieux, des monistes et en un mot, des anti-spiritualistes ; je me contente de rem·oyer à l'opinion citée plus haut et si heureusement fommlée, par M. Pearson. Mais qu'est-ce que c'est que cette plaisanterie des indiYidus associés, d'une manière indéfinie, par le fait des croyances i:;piritualistes, aux destinées de l'espèce, et intéressés par cela même, à agir d'une façon conforme aux intérêts de la dite espèce? - A moins que M. de Molinari n'ait en vue la conception du monde et de la vie future, formulée dans ce couplet <levaude-- Yille où l'on chante: Du haut du ciel, ta demeure dernière, Mon colonel, tu dois étre content ! Encore ne voit-on pas comment c,ela pourrait engager l'individu à agir conformément aux intérêts de l'espèce, le. spiritua-

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