La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

MOUVEMENT PHILOSOPHIQUE EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER 465 clartés de tout» gravé au plus profond du cœur de l"homme. Tous les systèmes religieux satisfont à ce désir et fournissent une explication, telle quelle, de l'uniYers. Or, la Science est en mesure, aujourd'hui, rle remplir complètement ce rôle. Elle peut donner la formule générale du système du monde et fournir l'explication de tous les phénomènes physiques, intellectuels et moraux. Mais une pareille explicat.ion ne saurait être comprise par des esprits bourrés des idées et des dogmes judaïco-ch1·étiens, touchant la Création, le Péché, la Rédemption, la Résurrection et le reste. Il faut d'abord sarcler ces cerveaux, si j'ose ainsi parler; les retourner, les défricher, les débarrasser de toutes les mauvaises herbes arnnt ,l'y semer le bon grain, avec quelque espérance de le Yoir germer. C'est pourquoi la critique «négative» de Voltaire, si décriée par nos modernes exégètes et rationalistes, - qui, après tout, continuent la même besogneavec infiniment moins d'esprit;- c'est pourquoi cette critique, qui ra justement immortalisé, a rendu à la société le plus signalé service; sans compter qu'en matière de dogme, il est très juste de clireque telle négation vaut une affirmation. Jésus, qui était un juif, parlant à des juifs, proclamait naturellement qu'il ne Yenait pas pour détruire la Loi, mais pour l'accomplir. Pour nous qui venons après lui, après saint Paul et les autres, notre 1)l'emieis· oin doit être de nous débarrasser de la Loi et des prophètes, - d'une « Thora» imposée par une race étrangère et qui, durant des siècles, a paralysé toutes les énergies, toute la Yitalité du génie Aryen. Cela dit, il faut reconnaître que le profes::;eur Pearson établit ayec une remarquable précision la réalité et la nécessité de la nouvelle Synthèse, et de ce qu'il appelle « la base morale du Socialisme». « A mesure que les vieilles croyances s'en rnnt, le besoin se fait de plus en plus sentir d'éléments nouveaux pour la constitution d'une morale plus en rapport avec l'esprit de notre siècle de raison. Cette conception de la vie, d'après laquelle ce monde n'est qu'une vallée de larmes, un lieu de préparation en vue d'une existence future, apparaît de plus en plus comme une superstition imaginée et acceptée par le pessimisme prédominant d'une période décadente. Toute funeste qu'ait été cette superstition, le bons sens de l'humanité nous en a épargné les conséquences logiques ; dans tous les cas, elle a justifié- la pauvreté, la misère et l'ascétisme. La théorie socialiste moderne de la moralité repose sur la négation du supra-sensible. L'homme, en ce qui regarde la conduite, ne se doit. préoccuper que de cette Yie, qu'il a pour but de rendre aussi complète e~ aussi heureuse que possible, et cela d'une façon consciente et scientifique, avec le seco4rs de toutes les connaissances du présent et de toute l'expérience du passé... Est.-il possible d'imaginer un abîme plu::; profond que celui qui

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