LA REVUE SOCIALISTE LE ~IOUVE~1ENTPHILOSOPHIQUE EN FRANCEET A L'ÉTRANGER I Karl Pearson : 1'/ie Ethics o( Freethought. London, Fi~hcr Unwin. 1 vol. in-8° 44.6 p. 1888. - G. de Molinari: La Morale Economique. Paris, Guillaumin. 1 vol. i11-8°XI-4.4.2 p. 1888. - Emile Fenièrn : La vie et l'âme. Pal'is, Alcan. 1 vol. in-18, 584. p. 1888. - E. de Hoberty: L'inconnaissable, sa métaphysique, sa psychologie. Paris, Alcan. 1 vol. in-18, 19~ p. 1889. Au lieu de donner a son lin-e le iiti·e dn premier chapitre : « La Morale de la Lib,·e-Pensée », le profei5seur1-;:ar1Pearson auraii pu, ayec tout autani de raison, l'intituler: « La 1'liorale Socz"aliste ». Xous aurions eu ainsi, flans la forme comme ùans le fond, la cont.repariie complète de « La Morale Économique » de M. ùe Molinari. L'auteur, dans tous les cas, est un socialiste, dans le véritable sens tlu mot: c'est un savant, de plus un penseur distiugué, qui Yient joindre le chœur des apôtres de la Révoluiion sociale. Il n'a donc rien de commun ayec ces libres-penseurs bourgeois qui usurpent, à bon marché, un noble titre en se contentant de clabauder contre la prêtraille, a laquelle ils ne manquent. pas d'avoir 1·ecours dans les circonstances critiques où le premier devoir est précisément <les'en passer. « La Libre-Pensée, dit-il, est plutôt un idéal qu'une réalité : c'est un idéal progl'essif, s'élevant au fur et à mesure du pt·ogrès des connaissances posiliYes. Il ne ::-;nrfitvas, pour devenir un libre-penseur, de rejeter le dogmatisme sous toutes ses fol'mes, encore moins de le c1·ibler de s;u•casmes : ce n'est que de l'action négative. Le n-ai Libre-Penseur !loit être au courant de toute la science tle son iemps,. (p. 17). Comme le rùlc de l'économiste est de soulager la misère matérielle, celui du Lib1·e-Penseur est de soulager la misère intellectuelle, sa mission, de découvrir et de propager des yé1·it.ésnouYelles (p. 43). Et M. Pearson rappelle même la parole bien connue de Jésus : « Je ne suis pas Yenu pour déteuire, mais pour accomplir ». En cela, il me paraît 1lépasser la mesure. Sans tloutc, le rôle essentiel de la Libre-Pensée, disons mieux - Je la RéYolulion, considérée sous son aspect le plus éleYé, comme la formule sociale de la science - c'est de combler le vide laissé par les croyances qui s'en vont. La raison d'être des religions se trouYe, en effet, non seulement dans le besoin désordonné d'idéal, mais encore dans ce « désir de
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