La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LE SÉNAT PROFESSIONNEL 463 nombre sont ég_uitablement représentés? Evidemment non. D'ailleurs, comme il ne s'agirait que de préparation des lois, le dernier mot restei·ait, en définitive, au Suffrage universel. La démocratie est évidemment entraînée vers une organisation où, pour la confection d'une loi spéciale, on nommera des délégués spéciaux, au lieu de législateur::;permanents et censés universellement compétents. Le système de Sénat professionnel que je propose est le commencement de cette réforme. - D'ailleurs, ce qui importe avant tout, c'e. t que les cadres électoraux professionnels soient constitués; c'est que de prétendus représentants de l'industrie, de l'agriculture, du commerce, comme nous en avons vus à propos des traités de commerce, soient remplacés par des représentants Yéritables, élus régulièrement, interprètes fidèles des aspirations de la masse de leurs mandants. C'est que ces délégués puissent discuter avec compétence les intérêts qu'ils représentent. - et les discuter en commun avec les repeésentants des intérêts opposés : pa-r exemple, que les producteurs de telle ou telle catégorie, se trouvent en face de tous les autres producteurs qui, en définitive, sont les consommateurs, - et de cette discussion sortiront l'union et l'entente des intérêts. J'ajoute que la loi générale de toute délégation démocratique qui est : le mandat de courte dure'e, prr.cis, toujours révocable - serait applicable aussi bien au Sénat professionnel qu'à la Chambre de contrôle politique; - que c'est la, ainsi que dans la participation plus directe des électeurs au gouvernement, les plus sérieuses garanties contre les entrainemmts que les anciens Sénats avaient pour mission d'arrêter (ce qu'ils ont rarement fait) - et je conclus en disant: Toutes les tendances modernes du prolétariat et de la démocratie, manifestées par les Chambres syndicales, les candidatures de classes, les Conseils spéciaux, les enquêtes législatives, etc., - toutes les leçons que nous donne le parlementarisme, avec ses dangers et ses impuissances constatées, nous montrent la route à suivre, et nous pouvons ainsi formule1' notre conclusion : 1 ° Les intérêts politiques généraux continueraient à être surveillés et contrôlés par une Chambre des Députés, nommant plus ou moins directement les délégués dupouvoir exécutif,lesministres,etc., critiquant et jugeant leurs actes et ceux de l'administration, et servant de guide et de frein à ce pouvoir exécutif; 2° Les intérêts professionnels, économiques et moraux, et la préparation des lois,seront confiés à un Sénat professionnel et législatif, composé de législateurs élus par les groupes professionnels qui discuteront et prépareront, entre eux,. les mesures législatives, qui seront ensuite soumises à la ratification du Suffrage universel

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