444 LA REVUE SOCIALISTF: auquel ,loit tondre l'humanité, c'est parce qu'il n'a pas son rcgar<l fixé sm· ce point lumineux qui seul peut l'éclairer et le guiüer,qu'il manque parfois tle logique e~ne sait. pas tirel' les conclusions de ses prémisses. J)ans la société il ne cloit y ayoir ni déYorcms ni déyorés. Il faut que les hommes se soutiennent les uns les autres; que les faibles puissent compter sur le secour:a;des forts et que ceux-ci ne profitent <lelem' force que pour aider les faibles. Il faut que chacun, traYaillant de son mieux, au bien de tous, celui qui est plus capable quo les auti·es soit porté par eux à la première place, non pom· qu'il y satisfasse son ambition et sa Yanité, mais pour qu'il puisse tt·an1iller plus efficacement au bien de la collecti,,-ité. Ce n'est clone pas absolument la spéculation philosophique qui s'élèYe contre l'existence d'une caste p1·iyilégiée, c'est aussi la science sociale qui compte a,,ec les faits sociaux résultant <lesinstitutions. Si les pirates de la Bourse fom1ent de Yéritables dynasties, c'est un fait résultant de mauYaisos lois et que ,les lois justes peu,,-ent ren<lre impossible; de même que l'ai·istocratie des États du Sutl de la République américaine a été anéantie par la suppression <lel'esclayage. L'autem' reconnaît, du reste, que la noblesse actuelle ne 1·épond nullement à l'idée qu'on se fait d'une Yéritable aristocratie l'eprésentant la meilleure et la plus digne partie <lupeuple : « Pour qu'une caste nobiliaire existe en ,lt'oit, il faut qu'elle soit sortie d'un geoupe d'élite et que, par la sélection, elle ait maintenu et acc1'u ses qualités. La noblesse qui, dans presque tous les pays de l'Europe, occupe le iiremier rang, est-elle l'aristocratie telle que je l'ai <léfluic?Nul homme en possession de sa rai:;on ne répondl'a p:u· l'affit•matiYc. Comment acquiert-on <lepuis le moyen àgc, au 1lelà ,luquel ne s'étcrnl en Eueope aucun at·bt·e généalogique, la faycm· des priuces qui se traduit par l'anoblissement? Si une fois, pae hasard, le mériLe réel a trouYé sm· sou chemin un titl'e de noblesse, c'est qu'à ses qualités excellentes, il en a certainement ,ioint de basses et de mcp1·isables.Ces dernières seules expliquent l'aUention princièl'e ,lont il a été l'objet. Les causes de l'éléYation <lebeaucoup de familles sont si viles que, de,,-ant les gens convenables, on ne peut même pas les mentionner. ,. Dans le Mensonge politique l'auteur dépeint la situation faite au citoyen en Europe, il parle <letoutes les entraves à sa liberté qui le :miyent depuis le jour de sa naissance jusqu'à sa mort. << L'~tat est censé protéger l'indivicln, mais il le gêne plus qu'il ne le protège. En outre, pour la protection que l'État est censé lui accorder, l'homme civilisé doit faire continuellement des sacrifices d'argent souvent plus considérables que la somme qu'il s'agit de protéger. Chacun, même le pauvre, paie tant d'impôts qu'à la fin
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