La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

~11<:NSONGESCO~VENTIONNELS DE NOTnE CIVILISATION 430 l'homme se 1·éyolte. Il demande : « Lâche, incapable, pourquoi commandes-tu a ,le·g1·ands généraux, à de puissantes armées? PauYl'Er tète ignorante qui ne sais pas l'orthographe de ta langue maternelle, pourquoi es-tu le protecteur suprême des académies et des uniYersités ! Cl'iminel,pourquoi dispenses-tu la justice et décides-tu de la Yie et de la mort des accusés ? Pourquoi ? Pourquoi? « Ces questions n'admettant pas une réponse raisonnable, il n'en rest.e pas d'autre à la monarchie que celle-ci: <(Pourquoi?Pa1·ce que Dieu l'a ordonné ainsi. «L'im·ention la plus absmde de not.re siècle est la mouai·chic libé1·aleou constitutionnelle. On a essayé de fonclre ensemble deux fot·- mos politique:;, 1leux conceptions Llumonde qui s'excluent absolument, Comment! la monarchie est établie par Dieu lui-même et elle part.age sa puissance saceée aYec des mortels 1 « Le monarque laisse limitee son poumir par les 1·ep1·éseutantsdu peuple, et ce pouYoirest latt·aduction diYinede la Yolonté de J>icu! Le rnona1·que aclmet qu'on limite la yolonté de Dieu'? Est-ce possible? N'est-ce pas une réYolte contee Dieu, un sac1·ilèµ-e? « Si je fais le procès à la monarchie, .ajoute l'auteur, CL' n'c~t pas pour la condamner au profü clela République. I) Ici l'auteul' tombe <lansune étonnante contradiction. SniY011s-le: « Je suis même fort éloig11é,continue-t-il, de pt·ofesscr pout· la République l'enthousiasme naïf de ce libéralisme si répandu qui [se laisse prnndl'e au son d'un mot, sans en chei·cher le sens. Pour beaucoup clelibéraux, la République est. le p1·emie1.b·ut à atteindre, pour moi elle est le deenier. La République, si elle <loit êt1·e un progeès et une Yérité, implique nécessairement toute une sé1·ie d'institutions sociales, économiques et politiques absolument différentes des institutions en vigueur. La République est l'anneau final rl'une longue chaîne de déyeloppements. Qu'ont éte les Républiques italiennes de 1848, celle de l'Espagne de 1868; qu'est-ce enfin que la République française de 1870,sinon des mona1·chies rlont le trône est yacant.. Une seule Révolution a compl'b qu'il ne suffit pas d'expulsee le roi de l'édifice de l'Etat et ,le changer le nom de cet édificc pour en fafre une République, ce fut la grande Rérnlution française! « La RéYolution française arracha la momu•chie avec toutes ses racines et retourna les mottes du champ histot·ique, ,lans lequel celle-ci avait gt·ancli; bref elle construisit un moncle nouyeau (lan::i lequel il n'y eut même pas un so11Yenitp· our le déyeloppement historique antérieur. Et pourtant à quoi servit tout cela? On pouvait changer les Yêtements et le langage, mais non 1·efairc le ccneau humain. ulmmédiatcmeut ap1·es la 'l'et·1·eu1·,lesbandits go1·gésde millions,

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