La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

432 LA REVUE SOCIALISTE « Que la canaille souffre. meure, deYienne Yagaboncle, criminelle, moi, l'homme d'argent je n'y peux rien)). El l'homme d'argent a raison à son point de Yue. Mais clans 1'01·ganisation future, cette con t racliction n'existe1'a pas; la société ne pt'Oduit'a pas pou1· Yeiulre ou pom· acheter, elle produira pour consomme,· conformément à la justice. Par conséquent, pui:qu'il n'y aura pas de marchandises à acheter, nous n'aurons plus besoin d'a1·gent. Chaque citoyen recevra un « bon ,le h'm·ail ))' espèce ,le certificat, rep1•(•s0ntantune ccl'taine somme de traynil et l'échangera contre cc dont iI aura hesoin. Il lou1·nirn à la s1>ciétéun temps <letrayail en l'apport ayec l'impodance Lleses bm,oins, il pourra s'il Yeut, partager avec un aut1•e le pt'OLluitllC son il•ayail, cé<ler une parlie ,le ses bons, mais personne ne pom't·a le f'orcet· à tmYaillee pou1· son sc>mblahle. Le ti·ayaillenr, en un mot, dans 1'01'ganisation future, llOlll't·aagi 1·, satisfaire ses clésiL·s,ses besoins comme il l'entendra. Il 1·eccna cc lJu'il foumit·a à la société, 1·icnde plus, rien ,le moins. Mais, nom; dit-on, en r1uoi consistera alors la différence <1ui existe aujom·d'hui entre les fainéants et les laborieux., les intelligents et les imbéciles? Cette différence n'existera pas. La société bolll'geoisc appelle fainéant celui qui a chei·ché <lu traxa.il, n'a pu en irouYer et Yégètc> rnisé1·ablement, celui qui est obligé de cleYenir yagaboncl par la force des choses, et appelle honnête homme, celui qui yit heureux. sans rien faii•c et ne sait comment Mpenscr son argent. En ce qui concerne l'intelligence, si un cito,ren est si mal cloué par la natuee que, malgré toute ~a.bonne Yolonté il ne puisse fa.ire ce que font les autecs, il est éYi<lentque la société ne lui en fei·a pas un crime et ne le punii-a pas des fautes de la natm·e. Bt si, au contrait·c un citoyen est supé1·ürnt·aux. autres en intelligence ou en instruction, il est au:-;siéYident que la société ne sera pas obligée de le récompenser. Chacun est le prnduit de ~on temps et du milieu dans lequel il Yit. Les idées sont le prolluit cle la société de la vie sociale. Sans la société moderne les idées moclemes n'existeraient pas. Ajoutons que les moyens rl'instl'uction étant la prop1·iété de la société future, elle ne sera pas tenue d'honorer cc qu'elle a ren,lu possible, son propre produit. l>e même qu'il n'y aura pas cle clifTércnceentre le trarnil intellectuel et le tl'aYail manuel, de même il n'y aura pas cle cliftércnce entre les multiples espèces de tra,·aux. manuels.Les travaux du mécanicien et.du journalier, le Yidangeur, par exemple, auront la même yalcm· parce que tous les Jeux sm·o1ltindispensables à la société.

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