La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LA FEMME 425 les rois existel'Ont _toujours, parce que nous les voyons dans tout le courant <lel'histoil'e. Autrefois 011croyait que la Monarchie était l'état naturel <lcJs peuples, cepenùant les monarchies se modifient et commencent a fai1·cplace à la République. Il en est <le même de la soi-disant (( vocation naturelle » <le la i'cmme. Depuis un ,lemi-siècl<', une réYolution s·est opét-ée dans la Yie de famille. La femme est lleyenne plus libre, moins astreinte aux seul~s fonctions de ménagè1·e et peu à l)eu elk s'émancipera complètement. Un grand nombre de sayants ont prétenclu et prétellflent que la femme n'est pas capable d'une haute cultuee intellectuelle et prouyent ce qu'ils arnncent en disant que le poi<ls du cenean de la femme est infél'icnr à celui clu cerrnau <lel'homme. Ceci est une p1·ofonde01·1'euret Bebel le démontre pa1· un 1·aisonnemcnt d'une justesse incontestable. Tout <l'abord, si la femme semble êtl'e aujotml'hui moins i11telligente que rhomme, cela Yient de ce que, son éclncation ayant toujoU1·sété négligée. ses facultés intellectuelles 11'ontpas été exercées comme celles de l'homme ou bien elles ont été exercées et conduites dans une fausse direction (sentimentalité exclu. iYe et excessiYe). Quant au ceryeau c'est la bonne organisation et l'exercice qui lui sont nécessaires et 11011 le poids. D'ailleurs il a été remarqué que le poids ùu cerYeau de plusieul's hommes remaequables était à peu prés égal à la moyenne des ceneaux féminins. Donc, étant donnée la négligence dans laquelle a toujours été tenue l'éducation de la femme, il 11efaut pas s'étonne!' de l'infériol'ité momentanée de son intelligence,par rappol't à celle de l'homme; le contraire serait surprenant. Mais tout cela changera <leface, les choses repeendront leur état naturel,c'est-à-dire la femme ùeYienclra égale à l'homme,a tous les points de vue.lorsqu'ils auront Yécu dans les mêmes conditions pendant un certain nombre de générations. On Yoit par ces déYeloppements que les sciences modernes sont intimement liées à not1'evie sociale et a nos progrès. Les lois naturelles nous expliquent la situation économique dans laquelle nous nous trouYons. Ces lois nous montrent que les conditions politiques, le caractère, les propriétés physiques <les individus comme des classes entières et des peuples, dépendent,aYant tout, des conditions matérielles de leur existence, c'est-à-dire de leur situation sociale et économique. Une fois a<lmi: que les mau\'aises conditions de l'existence sont la cause de l'insuLfisance du développement individuel, il faut conclure que l'amélioration de ces conditions· contribuera à l'améliora- •tion de la race humaine. Il en résulte donc encore cette nouvelle 28

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