La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

-120 LA lll':VUE SOCIALISTI~ du tr-a:rnil, manuel et intellectuel, et ,l'autl'es yont plus loin encore, en demandant pom· elle les ù1'oits politiques. Ils ne chel'chent pas à saYoil· si le :-;ortde la femme sera, pa1· là, amélioré; ih ne yculent pas sorti1· des limites de la société actuelle. Selon Bebel, cette question est insépai·ablement liée à la yuestion sociale. Sa solution, comme celle de la question omTière, est impossible, tant que les conditions ,le l'état f;OCiapl résent ne seront pas changées de fond en comble. Entrons dans le cœur de la question. l. - LA SITUATION DE LA FEllIME DANS LE PASSÉ. Depuis des temps immémoriaux la condition ,lu traYailleur et (lr la femme est la mème. Sans cesse ih ont été opprimés, et C{UOiqules Co1·mecslel'oppression aient changé ayec les siècles, i-arement ils ont eu conscience de leu1·situation, l'oppression <leYeuantune habitude et pm·aissant naturelle à l'opprimé co111me à l'or,pressem·. La situation de la femme a toujours été pal'ticuliè1·e11H'1nlta,Tantr. Selon toute 'probabilité, la femme était au commencement de la socidP, physiquement et intellectuellement égale à l'homme, clic le dépassait même, suiYa1it certaines données historiques. )Iais, peu à peu, elle deYint inférielll'e à l'homme, ses pal'ticularités sexuelles ont été la cause de cette infé1·io1·ité,de cette dépendance, et ~lie a été obligée de rechel'Cher la protection de l'homme. Pendant longtemps l'homme et la femme ne Curent pas unis par un lien constant. Une p1·omiscuité de fait existait entre eux; mais peu à peu le lien ùeyint plus durable, la famille p1·it naissance et la situation de la femme empira. Il est probable que le désir ,le se lier tlurablement Yient de l'homme, peu satisfait. de l'insutfüancl' ,lu nombre des femmes, et se plaisant a avoir la même. L'homme a 1n·isla femme a laquelle il a imposé ses seules ca1·esses, mais, de son côté, il s'est assujetti a la considére1· comme son épouse, à la gar,ler, à protége1· ses enfants. La femme a accepté cette situation qui lui paraissait plus assurée que celle qui résultait de sa Yie •lét'égl<'e. Le mai·iage rut aiIIsi établi, et le fondement de la propriété priYée, de la famille, de l'Etat, ainsi posé. Bebel expose les ùeYoirs imposés à la femme dans la société primitiYe. Ces deYoirs en ont fait l'esclaYe, la subordonnée de l'homme qui disposait d'elle comme d'un simple objet. Sa situation est plus ou moins connue chez les peuples tle l'Orient, les anciens G1·0cs et les Romains, et Bebel ne s'y anète pas; il 1·appelle seulement les débauches, les orgies de ces peuples et les saturnales consac1·écs par leur religion. Plus tard, lorsque le Christianisme arriva, la femme, comme tous ~esmisérables et les opprimés, crut que l'heure de sa délinance

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