La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

408 LA REVUE SOCIALISTE Tivre et de mourir, ce qui prouve que la chose est plus facile a exécuter qu'à décrire. Ct>pendant, le problème ne perd rien de son intérêt pour cela. «Lavie, c'est le rêYe d'une ombre . .,.(o Bi~; ea-:-l1ra.?0J'0; axlœ;) écriYait sentencieusement, sm· se:--temples, la Grèce antique. Est-ce une figu1·ede rhétorique destinée a habiller cette pensée : que la Yie n'est qu'une apparence comme l'ombre, qu'une impre:s:sion fugitive comme le rêYe? Mais alors on serait en droit dE:lréponùrf' : « Assez d'idéalisme, « ô philosophes! A toute ombre, il faut 1iour se produire, un corps « réel et un rayon de lumière; et ceci, ce n'est pas du rhe. - Une « pensée poétique n'est pas une définition. - Vous YOUlE>znous dire « ce que c'est que la Yie et Yous nous rlitês seulement., aYec une « désespérance l)leine ,l'amertume, que vous trouYez la Yie tl'op « courte. ,. Cherchons ailleurs. Bichat définissait la vie : « l'ensemble des force::;qui :--'opposentà la mort. » Mais alors, qu'est-ce qu<' la mort et quelle est la nature des forces qui lui font échec? Sur toutes ces mysté1·ieuses énigmes, on n'a encore pu mettre que des phrases; et, pour définir la vie, on a seulement trouv<• ries mots qui, eux-même::;, aunüent besoin d'être définis : force vitale, principe moteur, âme, se11sibilité,force innée, etc., etc. Depuis Hippocrate, et même ayant, on cherche et chacun, selon son tempérament, se donne à cœur-joie la satisfaction ,le piocher dans le matérialisme, ou dans le spiritualisme, pou1· y ùécouuir une solution victorieuse; mais, depuis Hippocrate, on 11 'est guère plus ayancé et le résultat le plus palpable qui ait été ohtenu, c'est qu'on s'est fortem0nt disputé, pour ne riC'n <:onclure. Quoi qu'il en :--oit,et sans plus cherche1· a dé1ini1·ce qui est maintenant indéfinissable, le mieux est de pl'ell(lre, ayec un positiYisme tranquille, les choses telles que nous pouYons les voir, et de nous contenter d'observer, avec soin, les effets, puisque les causes se dérobent obstinément à nos recherches; plus tard, quand notre bagage rle confülissances sera complet, il fauclra bien que le sphinx nous dévoile le mot fatidique de la vie universelle. Sans doute, il serait intére:ssânt de saYoii·si ce qu'on a appelé fluide moteur, fait partie intégrante ùe la matière; ou, si la matière n'est qu'une masse inerte, qui a besoin d'être pènétrée de ce fluide, pom· rompre son inertie; mais il est non moins inté1·essant et actuellement plus pratique et plus oppo1·tun, de connaître en détail les manifestations extérieures de la Yie et d'apprendre à les diriger. - Qu'importe à la machine d'être mue par l'air, la vapeur ou l'élec•

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