La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

llEVUi,; DES LIVHES 373 quille et heui-euse, il est indispensable ùe faire ùisparaître !es causes du malaise actuel. • Or, l>t.cause principale de la misè1•f:des uns et de l'enrichissement des autres, c'est que ceux-ci possèùent, individuellement ou collectivement, la terre, les instrnments de travail, les usines, les maisons, etc., etc. Ils profitent de leur situation privilégiée pour exploiter les autres qui ne possèdent I ien. Ils les font traYaille1· à leur lJrofiL,leur donnent deux quand ils ont produit quatre. Le travailleur qui produit, par exemple, l'équirnlent de dix pains d'un kilogramme par jour, et auquel on ne donne en retour Je son travail que cinq p:>.ins,est volé. Le capital et la propriété actuels sont les fruits des \"Olsfaits aux salariés, à ceux qui produisant quatre ne reçoivent que deux. Le but à atteindre, pour rendre tout le monde heureux, c'est de faire en sorte que les richefses et les instruments de travail, actuellement possédé,1par quelques-uns, le soient pa1· tous. La question est de savoi1· maintenant si, par le développement des Sociétés coopératives, on parviendra à donne,· au t1·availleur le produit intégral de son travail, les chargas sociales étant rtlmplies. Ici, nous n·hésitons pas un instant et nous disons : non! Pourquoi les capitali3tes se dessaisiraient-ils, méme moyennant paiement, d'une industrie qui leu1· permet de s'enrichir sans travailler1 Le croire serait de la folie pure. Nous pouvons donc conclure que la coopération n'est pas un but, le but d'arriver à la suppression du salariat et, par suite, de la misère. • La coopération donc n'est qu'un moyen, 1aais un moyen puissant. D'abord, la c'lopération est un excellent moyen de réunir, d'organiser les ouvritlrs. Les sociétés coopératives sont ensuite un bon moyen d.éducation économique de la classe ouvrière. Elle.-;permettent aux travailleurs de se mettre au courant des affaires commerciales et industrielles, de suivre les fluctuations du marché, de connaître les difficultés à résoudre, etc. ·Nous ne parlons ici, bien entendu, que des résultats moraux. La classe ouvdère est appelée à prendre un jour la place de la classe bourgeoise au gouvernement et dans l'industrie. Or, une classe ne remplace une autre classe que si elle en est capable. Par conséquent, 01·ganiser les ouv1·iers, faire leur éducation économique~ commerciale et industrielle, n'est-ce pas faire œuvre utile, nécessaire? De plus, les Sociétés coopératives, par les bén.\fices qu'elles réalisent, procurent deR ressources souvP,ntconsidérables qui peuvent servir à la propagande des idées socialistes, à créer des bibliothèques, à organiser des conférences, à soutenir et à i,ropager les jo11rnaux:qui défendent la cause des travailleurs, N'est-ce rien cela 1 Louis Berlrond insiste sur le caractère socialiste préparatoire de la coopération et de ce chef les lignes suivantes sont aussi à reproduire : On entend par question sociale la question de la. misère. Il faut résoudre cette question. Tout le monde le reconnait aujourd'hui, quand, hier encore, on. osait dire : < Il n'y a pas de question sociale 1 • Nous avons vu comment les socialistes comprennent la solution de cette question. Pour supprimer la misère, - c'est là. toute la question sociale - et faire régner la solidarité entre les hommes, il faut faire en sorte que & la richesse .., selon l'expression d'Auguste Comte, "' sociate dans sa source soit sociale dans.

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