La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

374 LA REVUE SOCIALISTE sa destination 1,. En d'autres termes, il faut que la terre et les instruments de travail, au lieu d'appartenir à quelques privilégiés, deviennent la propriété collective de tous les êtres humains. La coopération peut-eHe résoudre ce problème 1 Non. Les banques, les chemins de fer, les mines. les grandes usines, les maisons, propriétés individuelles aujourd'hui, ne peuvent devenir la propriété des sociétés ooopérnlives. , C'est pourquoi il faut que les travailleul'~, soucieux de leur avenir et de celui de leur classe, ne perdent jamais de vue que la coopération, i-i elle est un moyen, n'est pas un but et que seule elle ne peut résoudre la question sociale. Ceux qui, membres de sociétés coopératives, n'auraient pas d'autre idéal, seraient bien à plaindre. Il est indispensable d'avoir un idéal et de travailler sérieusement à en poursuivre la réalisation. Si les vingt-huit rnalheurtiux tisserands de Rochdale sont parvenus à faire de leur société cooopérative une chose imporlante, c'est parce quïls avaient compris, dès le pren:ier jour, qu'ils devaient faire grand, voir plus loin que le bout de leur nez, comme on dit vulgairement, et trnvaille1· à l'émancipation complète de leur classe. Faire la coopération pour bénéficier de quelques francs pa1· mois, c'est quelque chose, mais ce n'est pas tout. • Si les coopél'atives socialistes ont prospéré et sont appelées à àevenir de vlus en plus impol'tantes, c'est parce que ceux qui se trouvent à lenr téte ont un idéal : tr:ivailler à l'erganisation de la classe ouvrière et rropage1· les idées d'émancipation du socialisme. Un ressort moral est nécessaire pour soutenir le courage des coopérateurs conlre les défaillances qui toujours atteindront les entreprises de ce genre. C'est pourquoi il faut bien se pénétrer de cette pensée que la coopération n·e~t pas la question sociale et qu'il ne faut jamais pecdre de vue que le salut de la classe ouvrière est le bien suprême, le but à atteindre. Et, pour cette raison, il faut qu'une partie des bénéfices réalisés par les sociétés coopératives servent .t propage1· les doctrines du socialisme, à organiser les ouvriecs et .l. les instruire de leurs droits. Notl'e collaborateurc0mprencl la coopération, non pas comme les coopérateurs anglais, comme Ch. Gide mais comme les ouvriers coopérateurs de l'établissement populaire de Gand si bien dil'igé par le socialiste Anseele. Ainsi comprise, la coopération est un puissant instrument d'émancipation ouvrière. J. s. OUVRAGES REÇUS Petit catecbisme socialiste ou la conquête des femmes au socialisme. - Résumé des entretiens socialistes, par Ch. Boggio. Prix : 30 centimes. S'adresser à Ch. Boggio, 21, rue du Centre, à. Carvin (Pas.de-Calais). Juifs et opportunistes. - Le Judaïsme en Egypte et en Syrie, par Georges Corneilhan, Paris, L. Sauvaita, éditeur. Libraire générale, 72, boulevard Haussmann. Sociologia. - A proposito àel Saggio di un p-:-ogramma del prof. Icelio Vanni. Nota, del M. E. Pott. Tito Vignoli Milano 1888. - Cip Bernadoni di C. Rebeschini et C.

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