34 LA nEVUE SOOIALISTE Quant à l'ounior, il fut :-léùuitpar ce faux mirage de libéralifime, qui s'alliait ayec ses l-\entiments intimes d'indépcn,lancc, les SC'uls qu'il ait toujours pieusement conservés de la Révolution. L'oun·ier crut ayoir tout gagné de pouyoir résister à son patron, sans trouYer la prison au bout de sa résistance. Il sent maintenant qu'il s'est lourdement trompé. Le grand mal yieut de la façon dont ou a interprété l'idée de liberté, et surtout des catégories différentes qu'on en a faites. Uue distinction spécieuse a été établie entre les libertés politiques et le's libertés économiques, los unes n'étant pas clu tout comprisc>sde la même façon que les autres. Ainsi, tout le monclc a<lmrt quo chaque citoyon est tenu de sacrific>t', a titre temporaire ou définitif, une portion de ses prérogatiYcs <l'homme libre, en échange drs an\.lltages sociaux que lui garantit la société. On se résigne à se soumettre au service militai1·<",à contribuer aux. charges socialc>s,à respecter la liberté d'autrui, etc., etc. A chaque pas, il faut se courbC'r pour passer sous C<"tlrmulLitwl<'·,le port<"s basses qu'on appelle : lois, décrctR, orrlonna.ncc>s,quoiqu<" cpla n'aille pas sans faire quelqu<"saccrocs à la librrté indiYidudlc. Mais c>nfin,comme tout cela a une apparence do logique, personne ne protesLc>.La seule chose qu'on se cl'Oieen droit cl'exige1', c'est que l'échange qui s'opère entre l'individu et la société, soit un échange honnête; c'està-dire que la balance soit tenue égale dans la répartition des charges et des profits. C'est précisément la seule chose qui u'existe pas. En matière économique, dès qu'il s'agit de production et surtout de répartition, toute la protection sociale, si pompeusement promise, s'en va à vau-l'eau. Dans ce fourmillement immense qui naît de l'activité <lutrayail et du capital; ,lans co qui est la Yie même ,le la société, celle-ri se détourne de toute intenention et dit tranquillement: « Ya, arraug-ctoi comme tu voudras, traYaille, trafique comme tu l'<'ntc>n<lras, jt1 ne veux pas m'immiscer clans tes affaires, ta libc>rtéest inYiolal,le. » Alors, si parmi nous, il s'en trouye un qui soit, tout à la fois, un habile homme et un coquin, il paRse, sans s'y prernlre, à traYers les mailles du code,et usant de la latitucle,il n'hésite' pas a chercher son profit aux dépens du Yoisin. Celui-ci ülche, à '-On tour, de lui rendre la pareille et, sons l'œil pateruel do la loi, nous yoyons les gens se liner à une série d'embûches et de traquenards, qui aboutissent à l'exploitation du plus faible par le plrn; fort, du traYail par le capital. Or, il aurait fallu être conséquent. Puisqu'on trouve que la liberté indiYiduelle sans limite peut, en politique, deYenir un danger public, et qu'on y met des barrières qu'elle ne doit pas
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