La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LA REVUE SOCIALISTE rlo Linc-oln « Il n<' faut pns chnng<'l' clochevaux au milieu du guc\» la chamlJ1·<'rl<'scommunes le met en rni1101·ilts'•m' une ciuestion d'iinpr'iL ;111 rnolll<'nt llH'll1(' où, ap1·ès dt' lalJ01·iensc's n<>gocia.tions,il Yil siµ:ne1·le traitt'· arnc la Russie. [l faut bien so pénc,t1·e1·<loC('tto -réi-ité qui <leYienrlra chaque joue ])lus <'Yidonlc':Ln MmocrntiC', nYec lr 1·égirnei-eprésentatif,non moins c1u'aycc le ~otn-01·ncrncnt di1·cc:t, est incapalJk' rlc faire de la bonne polit.ique él1·angè1·c. U'est pourc1uoi les i~taLs-Unis ont pris la sage rt'•solution dC's'en ahstonir.Esl-ce un 1·qn·ochc à fairo aux. institutions d('ll10Cl'atiqucs 'l NullC'lllent; car le [ll'C'rnie1' ÜCYOÎI' rlr tout !,!OUY('l'llC'· nwnt est de s'occupe1· <htb<ll'<ldes affaires intfric'u1·es de la. nation n1î1 1110; moins il se J11<'lc'1d·ae c·C'llescl'auü·ui, mi<'ux. cc se1·a 1ion1'l<' J>ruplc.En tout ('HS, il <'st cc1-tain qu'il .r aurait µ1·and a,,rntage à rcrncUrc au pa_\·;-l;e dl'oit rlr <lécicle1l·a µurne. Connn<' le rlisait récemment en Angletcnc, aYcc une grande éloquence, M. Jesse Collings, aucun ministre, aucun rn011at·qucne' <lrn·ait pouYOJI' a son gré déclare1· la gu01·r0. Cette redoutable clécision de\Tait être rése1'n 1e à coux. qui en :-;uvpo1tP1·ontle;-;consc'quences, an p1·ix de leur sang et <lelem' argent. Le gouyc1·nemcnt rlircd, qui s'est établi en Suisse sous la forme <lu 1·efere11dum, était et pst encore i.rès 1·épandu en Europe et on p<'ut dirr, dans lr monde' 0nt irr sous C'ellede l'ass0rnhlt'e g<.'nfrale cks ciio)'C'ns. Comme nous l'ayons ,lit, il était pl'atiqué chez les Germains, clans les Champs cle 1mn·s 0t cle mai. Tous l<' ti·om·ons <lans le Tunscipmot (1) rles AnpJo-Sax.ons, comme dans les meetings clcs Townships en Amfric1uc et cles Vestrys en Angletcrl'e; dans les réunions sur la place 1rnbli<1uenu sein des 1·c•1mbli<1ueistaliennC's et récemment encore, dans les assemblées <lesYillages du Lornbar<l-Yénitien.I>ans la Dessah jaYanaise, dans Ir Mir russe, clans l'Allmend germanique, comme <la.nsle clan écossais ct clans la tribu irnliE'nnc, les résolutions d'intfrêt général sont 1n·ises par tous les intél'essés. Quoi de plus natuecl? Une loi a infroduit le referendum en Angleterre pour déciclcr la création de bibliothèques cornmunalrs (Free librari·es) et on a YU1·éccmment à Glasgow la qu0stion décidée pm· un plébiscite où 28.94G Yoix s'étaient prononcées contre et 22.755 pour. 'l'outefois, pour que le referendum donne <lebons fruits, il faut que le peuple soit éclairé. habitué à se gotn-e1·ner lui-même et que tout ne se décide pas au centi-e. Dans les pays catholiques où le clergé est maître dans les campagnes, cc serait lui seul qui dicterait les plébiscites. (1) On voit encore dans beaucoup de villages en Angleterre le monticule où se 1·éunisrait l'assemblée générale du village. Voyez l'intéressante étude d(• GEünGE GOMME F. S. A. : Primitive F'olk-Moots or open air assemblies in Britain.

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