LE REFERENDUM 339 Il se peut que les institutions clémocratiques ne parviennent pas à garantir suffisamment l'ordre dont nos sociétés inclustri0ll0s et à travail diYisé ont bien plus besoin que les sociétés ile l'antiquité• et du moyen :1ge, et ilans ce cas nous s01'O11rsamenés au despotisme; car, aYec une g1·anck a1·111érpe1·ma11<•ntcle•, ponvoi1· (•xécutif, obéissant au vœu des classes supé1·ieu1·t-s,peut toujou1·s supprimee la liberté. Mais si la liberté et la démoCL'atie se maintiennent et nous préservent du césarisme, il est certain que le peuple Youdra p1·enclre en main la directiou dos affai1·cs publiques, de plus en pins, à mesure qu'il s'instruira et ~il vC1·ramieux le 1·appo1-tiutimo qui existe entre la législation ~ ses inté1·êts inrliYiduels. Dès lors, il introduira sous l'une ou l'aut1·e fo1·me le gom·ernement di1·0ct. La Suisse qui marche à l'ayant-garrle dos réfom1es rlémoc1·aLü1ues nous a montré le chemin. S'il faut que la rnlonté cln peuple se fasse, ne vaut-il pas mieux qu'elle se manifeste paisiblement et 1·égulièrement par un plébiscite, comme rlans les cantons suisses, plutôt que tumultueusement et d'une façon peu décisiYe, comme cela a lieu en Angleterre au moyen doil meetings, des procC'ssions et des rlémonstrations, et en friande an moyen de batailk•s entre nationalistes et orangistes? Si les masses sont appelées à Yote1·les lois, ou elles sînsti-uiront, ou on les inst!'llit·a et, 011tous cas, la Yraie civilisation qui consiste . dans la diffusion ries lumières et d<'sidées justes y ~agnorn. Un rnot profond <le TocqueYille se réalis<'1·ait : « L'extrême démocratie préYient les daugei·s <lela démocratie. » ÉMTLE DE LAVET,EYF..
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