LE DROIT DE GRÈVE ET SES CONSÉQUENCES 31 absolu à la grève. Tout ce qu'on peut lui accorder, c'est un dl'oit relatif, limité à 1a quantité précise, résultant de la différence entre ce qu'il produit et ce qu'il consomme. L'excès senl de production lui appartient sans controle; cet excès, il est libre clene pas le produire, sans que cette abstention puisse lui être imputée à crime. III Le milieu social, dans lequel la grève trouve à se développer, n'a-t-il pas une influence considérable sur ce développement, ceci est hors de doute et c'est même la seule circonstance atténuante, qu'on puisse raisonnablement invoquer en sa fayeur. La grè-rn, en effet, ne naît pas spontanément partout; elle a besoin d'un terrain spécial pour s'épanouir à l'aise; il lui faut une de ces sociétés bàtardes, qui affectent, en politique, un pseudo-libéralisme, pour déguiser l'oppression qui fait le fond f1eleur organisation économique. Dans les sociétés où l'inégalité des classes est franchement en vigueur, le tra,ail est forcé pour les classes inférieures. Là, la grève est inconnue et toute Yelléité de se soustraire au joug est sévèrement réprimée. Dans ces sociétés, tous les efforts des producteurs convergent, sans opposition possible, vers un but qui n'est pas le profit de tons, mais le profit d'un seul, ou le profit d'un groupe. L'individu ou le groupe opère la répartition sans contrôle. C'est la Tribu toute entière labourant, semant, l'écoltant sous l'œil du chef, qui fait la part de chacun. C'était dans le monde antique, et c'est encore dans quelques parties <le notre monde moderne, l'esclaye traYaillant sous le fouet du maître, et ne receyant, à l'égal d'une bête de somme, que juste l'alimentatfon et les soins indispensables à sa conservation en bonne santé; l'esclave, ainsi qu'une machine, étant un capital à ménager. Partout où la coercition s'exerce ouyertement, on comprend que la grève ne peut trouver place. Par une curieuse coïncidence de la loi du contact des extrêmes, le résultat est identiqµe dans un milieu social, où, loin de le rendre esclave, on attribue à l'homme une liberté sans limites. - Avec l'anarchie utopique d'Herbert Spencer, où l'homme est supposé parfait, aussi bien, qu'avec l'anarchisme de Kropotkine, je ne vois pas ce que viendrait faire aucun gréviste. C'est vrai, que nous nageons là en plein idéal. La même impossibilité de grève, se retrolrrn encore daus touLes les combinaisons économiques, proposées par les diverses écoles socialistes. Chez elles, le mouYemeiiteRtcomergeni, et le centre de
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