La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

30 LA REVUE SOCIALISTE mais il n'en est pas moins vrai, que la marche normal0 doit toujours être supposé<'dirigée dans le sens du progrès. L'homme est l'unique moteur de ce double mouYement, qui n'est qu'une résultante, une Yibration totale composée de toutes les Yibrations particulicres. - Chaque individu est tenu d'y contribuer, pour une part proportionnelle à son énergie. - Il y a une association de forces eJ.,dans çette association, il faut, de toute nécessité, qu'un échange continuel s'établisse entre l'homme et la société. - Chacun donne et chacun reçoit. Il y a contrat. - La société se doit à l'homme et l'homnrn se doit à la société. Toute cette théorie, je pem;e, ne soulë-rcra aucune objection. J'ajoute seulement ceci : c'est qu'il y a un minimum (le droits et (le devoirs qui sïmposent a la socidé, aussi bien qu'à l'individu. Le minimum que la so<.:iétépuisse PXiger de l'individu, c'est qu'il ne cousommr pas abush-ement c:e qu'il n'a paR produit; et, qu'il ne consommr pas au delà de la. (1ua11titéqu'il pt·oduit. - Birn entendu, l'homme est cousi,lét·é ici, comme en possession de la plénitude ,le ses facultés physiqu0s et intellocturlles. Le minimum que l'inclivi,lu puiss0 exiger do la société, c'est qu'elle lui garantisse la jouissam·t' intégrale de ce qu'il a produit, et qu'elle le défende contre tout abus qui pourrait le troubler dans cette jouissance. Le pacte social n'a pas d'autre raison d'être. La n6cessité de cette garantie est d'autant plus impérieuse, que l'homme étant sociable par na.ture, il est li6 d'une manière indissoluble à la socié~té.Pour briser ce lion, il lui faudrait ùne isolé dans un coin clu monde inhabité, ou mourir. A moins de se suicider, ce qui est une désertion, nul ne peut rompre le pacte et déclarer que, n'exigeant rien de la société, elle n'a rien à exiger de lui. En somme, ce pacte n'est qu'un pacte dr Garantisme. On peut m'objecter que je présente un type théorique, qu'on ne trouve, au com1Jlct, dans aucun groupe humain. - Je l'accorde. - Seulement, comme il est bon pour mesurer queJqu0 chose, de prendre une mesure qu'on ne puisse soupçonner ù'êtrr fausse, j'emploie celJc-là, qui me semble inattaquable sous le rapport de>l'honnêteté. Chacun pourra tirer de la comparaison une conclusion conforme à sou état d'esprit, mais j'espère n'être pas seul de mon avis, en concluant: que l'homme a un rôle social qu'il ne doit pas interrompre; quïl ne peut, sans forfaiture, arrêter la somme d'impulsion dont il dispose, ni suspendre sa part contributini do travail physiqur ou intellectuc>l, ui enfin, cesser do proùuir<', en continuant ù con- ~om nH•r. lfoù t:<'tt<•prf'mif'rr conrlusiou, l'hommr social n'a pa~ un droit

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