LES HEURES DE TRAVAIL 309 Angletene la loi sur les 10 heures a profité plus aux patrons qu'aux ouvriers. • On voit donc par ce qui précède qu'une loi limitant en France les heures de la journée de traYaîl sera à l'avantage de tous. Il n'y aura cependant une solution définitive et complète de cette importante question que lorsqu'on obtiendra une législation interna::ionale limitant le maximum des heures de traYail. Le moyen pour arriYer à un résultat quelconque dans ce sens, nous a été montré par le Conseil fédéral suisse : il n'y a pas longtemps en effet, depuis que le gouYernement HélYétique a fait clesdémarches diplomatiques auprès des cabinets Européens pour arriYer à une entente sm· ce sujet. Le gouvernement Anglais,qui est plus directement intéressé, n'a qu'à pœndre pom· son propre compte cette proposition clugouyernement fédéral Suisse. Une législation internationale réglant la journée du tra.-ail à un maximum cle huit heures par jour, et le minimum des salaires, mettra fin tout d'abord, à cette autre question de la concurrence des ouvl'iers étrangers qui n'est que le résultat du régime actuel et facilitera par là pratiquement la fraternisation des peuples. Elle mettra fin en second lieu à toutes ces prétentions hypocrites et mensongères des bourgeois qui disent que ce sont les prétendues réclamations excessives des ouvriers français qui sont la cause que les produits industriels étrangers font une concurrence mortelle aux produits industriels français. Les badauds peuvent se laisse!' tromper par des économistes officiels qui n'ont pas honte de proclamer du haut de leur chaiee au Collège de France,des prétentions de ce genre. Mais nous savons pertinemment que si l'industrie française périclite, c'est d'abord parce que, pendant que les industriels étrangers sont en éveil et introduisent dans leurs fabriques rles machines nouvelles et perfectionnées, nos industriels gardent toujours les vieilles machines détraquées, ou achètent parfois les machines abandonnées par les Anglais ou les Allemands. C'est, en second lieu, parce qu'on a sottement livré nos lignes de chemin de fer, aux loups-ceniers de la finance, qui imposent des taxes excessives au transport des marchandises. D'ailleurs n'est-il pas wai que les crises industrielles sont uniYerselles, quoique parfois elles soient un peu plus intenses dans un pays que dans un autre. Une question qui est inhérente à celle de la réglementation des heures de travail de !ajournée, est celle du travail de nuit. Ce dernier est de beaucoup plus exténuant et plus meuetrie1·que le teayail de jour. Or, dans la plupart des usines, 1e travail de nuit. est égal en
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