La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

304 LA nEVUE ~OCIALISTE indiquait assez cette tendance naturelle. Il fallait au cheistianisme un dogme objectif qu'il pût opposer sotn-erainement à tout,,s les tentatives d'usmpation. La fiction ùu Oheist procura à la classe sace1·ùotale l'inùépenclance et la cliµ;nité<!LÜlui étaient nécessaires. Ce qui montre bien qu'une telle ceéation était essentiellement propee à a,.,ut·er la sépa1·ation tles ùeux pouvoit's, e;'est que <lans les monothéismes juif et musulman, privés de cette ecssom·ce, les deux pouvoirs sont confondus. Les presc1·iptions théoriques et les commandements pratiques y émanent du même chef, directement élu de Dieu. Donc, un nouyel ordre social s'établissait, au même moment, et l'agrégation romaine, brü;éo pae les invasions, se more;elait on mille nationalités différnntes qui, réunies en une seule masse, ayaient bien été assez fortes pour vaincre le pouvoir central, mais qui, divisées, n'avaient plus qu'un but : vivre sur le territoire conquis et s'y maintenie contre les attaques exté1·ieurcs. L'activité militaire pe1·claitainsi son caractè1·e pl'imitif; de conquérnnte offensive, elle deYenait <1éfensiveet conservateice. De la, p1·6<1ominance des préoccupations agricoles et industrielles, et transfo1·mation grn<luelle ùes corps barbares en populations paisibles. Los nouveaux venus trouvaient dans le pays conquis une religion établie; cetk religion prêchait la paix, déno1u;ait la vanité <les entreprises de conquête, disait que los ambitions te1·1·estresétaient éphémè1·es et chimériques, et qu'il n'y avait rien de réel, ho1·mis l'existence futurn, gagnée par l'observance des_lois morales et la pratique <les vertus domestiques. Une doctrine prêchant la soumission aux pouvoirs établis était trop favorable à ceux-ci pour n'être pas bien accueillie d'eux. Sans elle, l'anm·chie féodale fût devenue une décomposition chronique. Une paix relative fut donc possihle; la condition dos serfs, quoique si misérable, comporta plus <lCs'écm·ité que celle des esclaves antiques. L'industrie put naîti·e et lentement em·ayor la fore;ebrntale, la puif;sanee militaire. Le 1·égimc féo<lnl, en rliYisant la terre, localisa l'actiYité et re1l<1itJllns difïîcilos les guerres générales; les guer1·espi·ivées c1u1·enstuffii'e le plus souYent à la turbulence des seigneurs. Au milieu d'un état si trnublé, si instablC', naquit la fleur <1ela féodalité, la chontleric. Lo catholicisme ne contribua guère que par le culte de la Vierge à cet essor du c16Youernendt.es fo1•tsenYm's les faibles; au fond, il lui fut plutôt hostile. La chevalerie a, üu reste, existé, dans d'autres conditions, - chez les musulmans, par exemple. La condition <les femmes fut améliorée; gràce au catholicisme, leur caractère devint plus pur; et en même temps plus ternlrc, g1°àccaux mœurs féodales.

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