La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LA POLITIQUE POSITIVE 303 toutes parts. Dans ce cataclyRme imminent, que serait devenue lâ civilü:;ation hum~ine, sans point d'appui religieux, aussi dénuée de vertus que cle croyances, liveée aux déso1·dros des invasions barbares? L'unité occiclentale allait prrir. En Yertu de quelle autorité réclamer l'union iles RrntimcntR et des pensées? Ce n'était pas au nom des ilieux nationanx c1isc1·(,<litéesn concm·rence d'ailleurs avec les dieux exotiques des peuples environnants. Il fallait une croyance unique, commune à tous, pouyant s'imposer aux maîtres d"aujourd'hui et aux ;rniuqueurs de demain. Il fallait un Dieu au-dessus de nos jugements, supérieur a toutes les lois observables et même compréhensibles. Il fallait rompre avec un passé déjà long ~le traditions imaginaireR, et faire surgir le Dieu d'une révélation miraculeuse. Ainsi sont IH'S tous les monothéismes. « L'ascenrlaut graduel cln Cln·istianisme ne pouvait p1'0Ycnir que d'tme libre appréciation de sa snpé1·io1·itémo1·ale, seule capable ùe lui procurer l'assentiment. universel. Chacun sentait de plus en plus que la confusion des deux puuvoit·s, jadis indispensable a la conquète, se bornait alors à sanctionner nue dépravation effrénée. On comprit ainsi que les règles momies ne doivent pas être confiées à ceux-là mêmes qui en comportent la principale application et l'etflcaèité prat.ique, le Racei·(loce co1·1·espornlant ne put jamais domirter que sur les esprit.Ret les cœm·s, mais en deYenant dans ce domaine noi-mal, entièrement in<lépendant rle l'autorité politique. >) D'ailleurs le pouvoir p1·atique dcvrnait de pluR en plus impuissant à conteni1' l'anarchie, et, dans l'immense conflag1·atiou qui se préparait, il ne fallait point songer à imposer par la force une doctrine abRolument nom·elle. Il n'y ayait d'espoir que dans une religion Reborrtant à indiquer des préceptes mo1·aux, sanctionnés par la p1·omesRed'une vie future, de manièl'O à règler insensiblement les esprits et les cœurs. Cette mission du ch1·istianisme fut admirablement comprise pm· son véritable fondateur, Saint-Paul. Sansjamaisattaquer leRpouYoirs cxiRtants, ce granrl novateur établit les dogmes, conReille les iusti tutions qu'il proclame conformes a la révélation divine. Cette politique, seule propre à une religion qui ne prétendait tirer son auto1·ité que d'une doctrine mo1·ale, dictée par un Dieu inaccessible et inconnaissable, fut suivie par les successeurs de Saint-Paul, jm::qu'au Moyen-Age. Mais, dans le redoublement d'activité guerrière résulté de l'écroulement de l'Empire, alors que les chefs éphémères qui s'en partageaient les débris ne pouvaient se maintenir qu'en concentrant dans leurs mains les pouvoirs temporels, chaque chef eût vite détourné a son profit et accommodé aux besoins politiques de son gouvernement une doctrine défendue seulement.par une classe spéculative. Le schisme arien, adopté spontanément par la plupart des rois,

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