La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LA POLITJQ UE -PO::HTIVE 305 La (lisciplinc catholique ne c01wcnait complètement qu'a la Yie priyée. Au fond, elle était indiùclualisle it outrance, faite toute d'égoù-ane. Sans l'influence füodalc, cl!C' am·ait été profonclement nuisible a la. Yie publique. ::i.raisquand r0sso1' <le celle-ci ne put pins être rlit·igé pat· le l'égimo féodal, sé1·ieuscment ébranlé par l'échec final des c1·oisa1les,la [H'Ofou<lcimpuissance ,lu catholicisme à rallier et a clomi11e1s'e dévoila. Foecé de pe1·ù1·ctout espoi1·, sinon toute prétention à runive1·salité, réduit à un champ d'action insuffisant, il ne tal'ùa pas à se ,lissoudr·c; car· t.outc doctrine qui ne progresse plus, recule, se décompose et mem·t. Pom·ta.nt, n'oublion • pas quelle pr·ot'onde influence le moyen ,,gc exerça sur la civilisation humaine.« Sous tous les aspcets essentiels, le moyen àge a ,-i-aiment posé le p1·oblPme t'ondarnental que nous devons aujoul'll'hui 1·ésouclre; et même il a !-,OUYenitndiqué l'cspr-it général de la solution. Pom· scntü· l'importance de ses cffol'ts, et bien j ug-er lem· avo1·tcment naturel, il t'aut saxoir qu'un g1·a.nrlp1·Oblème ne sam·ait êti·o assez posé sans une solution quelconque. » « La sépai·at.ion des deux pouYoi1·s et la systématisation do la morale suscitai ont constan1111c11cthez les populations catholiques, des habitudes uuive1·sclles ùo discussion et de méditation, les plus tn·op1·es à cultiYe1· pal'tout la logique des signes, cl'ap1·ès son application continue à nos p1·incipales spéculations. Un culte qui con:,;acrait les images, et qui surtout exe1·çait toujom·s les sentiments, poussait d'ailleurs à combine1· directement ce tt·oisièn10 élément aYoc les deux précédents. -. En dépit des décla1·ations démagogiques, le catholicisme à longtemps fayorisé le développement intellectuel; les gloires <luMoyen àge, dans l'ord1·e cle la pensée, ont été ,les prètl'es ou des moines. Le premiet' système d'éducation universelle p1·it alo1·s naissance. Il comprenait, à sa maniè1·0, l'histoire généeale ùe l'IIumaniLè. L'unité surnaturelle fournissait un p1·incipe tel quel de coordination mentale, et le salut per:;;onnel une base égoïste de discipline morale. Tout était réglé, ne fùt-ce quo par des fictions; depuis le berceau jusqu'à la mort, l'homme:était pris par lune rnste organisation qui le guidait, et au besoin le faisait obéir.Pour être commandé par une doctrine égoïste, le dévouement n'en était pas mois réel, n'en avait pas moins des effets bienfaisants. Pom· être reporté sur des êtres fictifs, l'amour ne s'en développait pas moins. Le catholicisme détruisit définitivement toute idèe de caste par l'institution du célibat ecclésiastique. Des deYoirs furent substitués aux droits. La réYocation des offices, la confiscation des biens punissaient l'incapacité, la violation des devoirs; les chefs temporels eux-mèmes encouraient la déchéance quand le pouvoir spirituel les déclarait indignes. La seule puissance morale courbait les forts.

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