LES DIPOTS 281 Yénients des aut.res, et nous estimons que les meillcm·es ga1'a1üies se renconteent tl~ns la conciliation des impôts sur le Capital et sur le ReYenu, à la condition d'imposer toujours de lll'él"é1·ei1cele reyenu, et de se souyenir de ces paroles un peu exagét'ées du marquis de Mirabeau qu'il faut saYoÏL'interpréter d'une Ja<_:onbiem·eillante : « Dt·oits sm· les (h1its sont. impoLs, <h·oits sm· les fonds sont pillage. » En effet le prélèYement en bloc ,l'une pai·t com,idé1·able du capital clisp01~iblede chaque ·ent1'ep1·isc aurait. les mèmes conséquences que le prélèYemcnt cli,·ect sur le 1'0,·<>nnà nn taux excessif. Cet impôt se1·ait.peu 1n·o,luclil', soit à cause des frawles, soit à cause du ralentissement <le la pr·oduclioll d de l'émi: . rr'ation cle.- capitaux. Oe un impôt ne <loit jamais mett1·c en Cuite la 1·ichesse qu'il ft-appP. Un impôt ne <loit janrnis meLlr·oen l'uilP la 1·iC'lwss<'qu'il f'l'nppe'. Yoilà pt·écisément la g1·,t11de1·aiso11des éconornis!cs conf l'e l'impôt progressif ou simplement p1·og-1·cssionnelqu'ils ac·cust>nLde' 11ni1·eau ,lé\'eloppement de la richesse génér·ale pat· la co111iscatio11Lotnle ou par·tielle cles gealltles fo1·tunes. Kous JH' 11<H1sarr-ètel'ons pas a cet a1·gument basé uniquement sut· des consi<lérntions inté1·css<.'Cset sui· des échelles tle prog1·e.-sion p1·éscntécs d'une l'açon 1·i<liC'ule.Pcr·sonne' n'a jamais songé à « imposei- ractiYité et l'i•conomic, ou à frappc1· <l'une amende ceux qui ont plus tt'aYaille et plus économisé que ks auti·es ». Bien au conh·ai1·c on Ycut. ,lég1•eyc1·l'adiYil6, l'éconornio et le trantil. Dul' pom· les petits 1·c,·t'J1us Pt dl' moins en moins rigot{reux dés que les .1·eyenus supé1·ieu1's laissent une pins large part aux dépenses de luxe, Yoilà l'imp<>t propol'!ionnel. .Juste pou1· les gros revenus eL de moins en moins 1·igou1·cux <lès que les reYenus in(érieut·s laissent une plus la1·ge place' aux pt·intLions, Yoilà l'impot prog1·essif, qui sernit également un 1'1·0innécessai1·e it la flèwe de spéculation et d'exploitation. D'imposantes auLot·ités se sont prononcées eu sa fayeur: :\Iontcsquieu, J. J. Rousseau, Condo1·cet, J. B. Say, Bentham, Rossi, Joseph Ga1·nic1·, Com·cellcSeueuil. « Il ne serait pas, dit Adam Smith, tr'ès dét-aisonnable quo les riches cont.ribuassent aux <lépeuses clp l'J~tat, non seulement en propo1-tion de leul' 1·eye11u,mais enco1·e de <1nelquochose au-delà de cette proportion.» Et encore J. B. Say : « Une conti-ibution simplement proportionnelle n·est.-elle pas plus lourde J>om· le panne que pour le riche? L'homme qui ne p1·oduit que la quantité cle pain nécessaire pour sa famille doit-il contt'ibuer exactement dans la même proportion que celui qui, g1·âce à ses talents distingues, à s9s immenses biens-tonds, à ses capitaux c011siclér'ablos,non seulement jouit et pl'ocm·e aux siens toutes les jouissances du luxe le plus somptueux, mais ,le plus acc1·oît chaque année son t1·ésor. » C'est SUL' les petit.es gens qui n'ont pas le moyen de se défeuch-e, sm· les 19
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