LES IMPOTS 279 parce que les taxes sont proportionnelles aux quantités et non aux qualités. Sous le point de vue de la liberté de la pl'oduction et de l'équilibre industriel, comme sous celui de la pi'oportionnalité, l'avantage de la confoi•mité ayec les facultés probables appartient aux impôts directs sur les diifél'entes manifestations de la richesse acquise. Pour opérer ce relèYement des conteibutions directes faut-il adopter (conception séduisante mais aYentureuse) le plan ébauché par la commission du budget ùe 187G, c'e::;t-à-tlire transfo1·mer nos impositions directes en un impôt général atteignant les som·ces <le reyenu jusqu'ici épargnées, ou bien faut-il modifier isolément chacune des contributions directes, en corrigc1· l'insuff1sanceet en déYelopper le cadre au moyen d'un impôt complémentaire général sm· le revenu? Nous inclinerions Yers cette dernière tendance, car, tout en éYitant les secousses et en <liYisant la réforme fiscale en plusieurs tâches successiyes, elle permet tous les progrès. Le législateur est placé entre ,leux écueils : ou ne pas obtenir assez des objets de luxe ou demancler propo1·Lion11ellemcnt Ll'OP aux classes peu aisées en imposant les de1wécs et les produits cleconsommation usuelle. C'est pour éYite1· ce dernier écueil que l',\ssemblée constituante avait aboli les taxes ,le consommation. L'extension croissante des charges buclgétait·es a obligé (le les 1·établir peu après, et, dans une mesure Yariable, il est Yrai, elles font également partie du système fiscal clesprincipaux i~tats. A part la suppression ,lu budget des cultes, impossible de songer à présent à une diminution des charges budgétaires, ni tl'espéret· l'affectation au Ministère ,lu 'I'r::wail de t;us les c1·écliLdsévorés par le Ministère de la guerre. l\fais que les dépenses de l'Etat soient plus ou moins utiles, qu'elles soient prolluctives ou improductiyes, il faudra toujours faire face à des dépenses considérables par des recettes considérables que l'on ne peut demander a un impôt unique. Si simpliste que l'on soit, il faudl'a toujours, tout en maintenant peut-être quelques contributions irnlirectes sur les objets de luxe par exemple, tarifer à la fois le Capital et le Revenu, ne serait-ce que pour éviter les répercussions spéciales à chacun de ces impôts et tâcher sinon de 1~ neutraliser au moins <l'enadoucir l'intensité. L'évaluation d'après le Capital est éYidemment supérieure toutes les fois que le revenu est produit par un fonds sur lequel une taxe peut être établie équitablement, par exemple pour ne pas exemptel' à peu près complètement les possesseurs de terrains laissés improductifs. Som-ent dans le voisinage des Yilles en voie de déYeloppcment rapide, les emplacements à bâtir augmentent en peu d'années notablement de ·rnleur; ces augmentations seraient éminemment
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