La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

254 LA REVUE SOCIALISTE « yoir, yu qu'il ne peut y ayoir clC'cause qur la cause premièrr »; que iü le pape, comme le soutient Bellarmin, De Romanis Pontijlcibus, tome I, liY. 1v « ordonnait dcs Yices et <léf'cn<laitrles Ye1·tus, « l'Bglisc serait obligée <lecroire que ks Yices sont bons et que les « yc1·tl1ssont mauyaisrs, à moins qn'01lc ne Yonlùt p(•chcr confrC' la « conscicncr, YUc1uo\'Eglisr, clans ks cliosps ,lontPusrs, est obligée « de se soumetll'C au jugement du sou,·r1·ain poutirc. de , uin·e ses « ot'(h'('S0t même <k Cain' lo mal c1uand il l'<ll'doirne. >) Enfin, ces théologiens ont surtout affi1·111éque, de tous les hommes, le pape seul ne pouYait pas se ü-ompc1· et que par conséquent il était infaillible. (1) Cet.te dernière proposition, comme on sait, Yient d'être élcn'.•c>it la clignité cle dogme par le clrrnicr concile, à Rome en 18ï0. Nous ne cléscspét·ons point, lC's Jésuites aidant, de Yoir les autres insanilés jouir bientôt de la même ÜlYCut'. C'est très sérieusement que le pape Nicolas 1°r, dès le ix 0 siècle, S(' clécerna le titre de Dien, comme on peut s'en con_yaincl'C en jetant les yeux, su,· la prcmiè1·e partie du clécrct, di::;tinction ûG, C. VII, où l'on peut lire : « Satis evidenter oslenditur a seculari votestate nec ligari prorsus, « ?'lecsolvi passe pontificcm quem constat a pio principe Constantino « Deum apellatum : Nec posse Deum ab homini'bus judicari manzfes- « tum est (2). >> Au commencement du xrv• siècle, le pape Clément Y s'attribua également la puissance diYine. Il ne craignit pas· cle commander aux anµ:es, par une bulle scellée et plombée que l'on consena jusqu'au milieu <lu xvr• siècle, dans les al'chiyes <leYienne, <lP Limours et <le Poitie1·s, clc porte1· en pm·adis Llme c1·un pélerin cléCP<h'0n allant a Rome cho1·cher des indulgences, de la gm·miti1· <lu feu clu purgaloire, et pol'tant cette injonction : « Nolwnus quod pœna • inferni sibi aliqualenus inff,iyetw· (:~). >> En conséquence de ces p1·élcntio11s.les théologiens se liYrè1·cnt à toutes soi-tes clc fanlaisies. Augustin Stenchus, chèc1nr ck Chisamw, rn Canclir, rt hil)liolhé- (1) Voyez µoui' plus amples Jétails : Le livre du bal'on d'llolbach, intitulé : De l'imposture stzcerdatale. La Confession de Sancy, ch. 1, etc. Henri Corneille Agrippa: De üanitate scientiarum, ch. xcn (2) Il est démonll'tt évidemment que le pape ne peui être lié, ni délié par la puissance séculière, lui que le pieux p1·ince Constantin a appelé Dieu, attendu qu'il est m:mifeste, qu'un Dieu ne peui pas ôtre jugé par les hommes, (3) Nous ne voulons qu·en au-:une manière la peine de l'enfer lui soit infligée. - Voy. H. C, Agrippa: De vanitate scientiarum, ch. xcu.

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