LA REVUE SOCIALI::,TE terme des marchandises ou de la monnaie. Est-ce que la banque remet des marchandises ou de la monnaie~ Non! Ce qu'elle pl'ête c'est un papier qu'elle fait et qui n'est ni l'un ni l'autre. » Il est difficile de citer <les passages séparés de ce livre, parce que les r::i.isonnements, les faits, les preuves, sont tellement liés les uns aux autres qu'il faut les suivre tous pour en comprendre toute la valeur. En somme, conclut l'auteur, si notre état social, s'él~vant a"ec lenteur sur les pentes c!e la raison et du droit, a laissé derrière lui les iniquités, les hol'reurs des sociétés antiques, il les a dépass{>es, sans sortit· encore de leur rayon et de leur atmosphère. Pour l'avenir pl'Ochain on peut assurer <1uela presque totalité des questions sociales seront des lluestions de répartition sociale. Cet avenir, il est prêt, on le voit poindre. Le commerce individuel, autrefois tout cle simplicité et de loyauté, a dispa.-u, mais voilà qu'en sa place surgissent des organisations colossales. Or ces organisations ont bien des traits communs avec des services publics. N'est•ce pas ainsi <1ue,cc qui était l'avenir a cent fois fol'mé ses premiers pa!i, formulû ses con;.;eils. M. D. Lettres aux Républicains de France sur la question sociale, par F'éli~ Carrier, curé de Genève. Lyo,i, librairie ]}féra, prix 60 c. Les c1uestions sociales s'impo~c11t à un tel point, que la nf,cessité de s'en occuper sérieusement est comprise, même par les membres t'•clairés du cleq;é. Si leurs aspirntions cliffèrcnt parfois des nt)tres, ils sont ralliés aux points fondamentaux du iiocialisme. Le curé de Genève réclame la liberté de conscience, foulée aux pieds par les auteurs et les <léfenseurs du concordat, et proteste contre la loi militaire r1ui viole, dit-il, impudemment la justice. C'est surtout au point ùe vue socialiste, que sont intéressantes les Lettres aux républicains de France. Les injustices légales, nous dit l'abbé Carrier, sont toujours pour les peuples une source de souffrances et de troubles. L'étude des conditions qui permettent aux sociétés de p1·o~pérer au double point de vue matériel et moral eost appelé socialisme. Le socialisme est une science nécessaire, à laquelle il est u1gent que s'appliquent désormais tous les esprits sérieux. Depuis que l'injustirr a régné parmi les homme~, ceux qui en ont ?:té victimes ont fait des efforts pour s'y soustraire et un jour est anivé où les droits de l'homme ont été proclamés. Mais tout n'est pas fait, il s'en faut. Quelles injustices subsistent encore? Que valent les réclamations qui se font entendre 1 Quelles justes réformes pourraient leur donner satisfaction? Y a-t-il, urgenca de s'en oecuper1 Sous l'ancien régime, nul n'avait le droit de poser de semblables questions, et, aujourd'hui encore, dans de grands pays d'Europe, ceux qui les hasardent sont traqués comme des criminels. Mais on n'étouffera pas plus ces question~ que le bruit du tonnerre, et le monde entendra crier qu'il reste i démolir des injustices dont le triomphe maintenu est un scandale et l).ne cause perma• nente de souffrances et de troubles. Dans les pays <lémocrati<1ue~d'Europe il reste peu d'immenses et scandaleux domaines,m;iis la féodalité n'y germe-t-ellc pas sous d'autroo formes! Les riches financiers peuvent, par les jeux de bourse et par les finesses de l'agiotage, posséder jusqu'à des milliards. En poussant jusqu'au bout la logique de la légalité actuelle, on arrive à conclurn que la maison Rotschild, par exemple, pourrait en un sioclc posséder la France entière. L'nccrvi~sem•,mt exces:;if de la riches:;e che.: c!uelqucs-uns, arrivé fatalement à produire un
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