La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

REVUI~ DES LTvrrns 247 accrnissement proportionné de pénurie chez le grand nombre. Anjourd'hui une réforme soctale, importante est urgente. Tous les hommes capables d'exer - cer quelque influen·ce, hommes d'Etat, législateurs, publicistes, ciLoyens intelligents quels qu'ils soient, tous doivent s'u:1ir pour réaliser pacifiquement celte réforme ou rérolution sociale, si l'on ne veut pas qu'elle devienne violente et sanglanLe comme celle de 93, Pour l'auteur, le progrès. social consiste surtout dans l'égalité des hommes d'où naH la fraternité, et les maux de la société pro,·iennent de leur inégalité. « La disparité naturelle des facultés, dit-il, est grandement diminuée pa1· la participation de tous aux bienfaits de l'instruction. Une cause de l'inégalité des homme! est la nécessité de consLituer poul' la vie sociale des chefs des magistrats, une hiéra1·chie; nous avouons n'avoir jamais compris les hommes qui se déclal'ent absolument anarchistes, c'est-à-dil'e opposés à tout gouvernement. Reconnais$ant la nécesûté d'un gourernement, nous aYoos à constater, en mème temps, que certains droits, cel'taines prérogatives nécessaires aux hommes dans un ètat de supériorité à l'égard de leurs concitoyens. De là un danger pour l'égalité. Il y a un moyen à prendre a,·ec le"c1uel 'inégalité inévi~ table entre les gou,·ernants et les gouvernés cesse d'être un danger: il faut que les prérogatives alll'ibuées aux gouvernants soient toujo1u·s scrupuleusement limitées à ce qui est absolument nécessaire pour l'aecornplissement de leurs fonctions. Une des causes <1uirendent la vie de plus en plus difficile et l'avenir de plus en plus inquiétl).nt, c'est la soif de satisfaction et de IJien-èlre qui ,,a Loujours CL"oiss:rndtans le public et qui e~t su1·tout c•xcilée dans les g,·a11descitr•,(i dans le voisinage des lieuic où siègenl, où trùne1lt le~ rcpr,;sentants du pouvoiv. L'égalité dans la sobriété, telle est la formule de la justice qui sera le salu~ de la France ». L'aute_ur a peut-/ltre une manière un peu mesquine d'envisager l'égalité et qui ne serait pas favorable à une t:ivilisalion élevée. Son socialisme est celui d'un disciple du Christ qui mépriserait les uieus de la terre. Il parle ensuite de la politique internationale el attribue la guerre aux pouvoirs personnels des rois et des empereurs. L'auteur est républi('aiu, mais en attalJUant la constitution, en traitant d'inutilités la présidence de la République et le Sénat, en demandant que la 1·évision soit confiée à une Constituante, il nous paraît vouloir faire subir à une jeune république, exposée à tant d'assauts, une épreuve que ne lui souhaitenL pas ceux qui l'aiment d'un amour plus éclairé. Quant aux réformes immédiates à aceomplil', elles consistent, d'après l'auteur, dans l'impôt progL"essif<1uidoit faire rentrer dans le domaine public ce que les fortunes out d'exce!,':!ifet dans des droits de succession plus élevés. Nous ne nions pas t1ue l'impôt progressif et des droits de succession plus élevés fussent un acheminement vers la propriété collective, but final du socialisme Ce seraient des mesures transitoires, faciles à exé,culer, en attendant que le collectivisme et ses avantages aient été compris et admis par la majorité. Quoique l'auteu1· lui-rn6me ne soit pa~ encore arrivé au collectivisme, il est socialiste par l'esprit de justice qui l'anime et qui ne peut manqu.cr de l'éclairer com1;lètemeut. ~1. lJ.

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