La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

REVUE DES LIVRES 245 vend le penchant d'un côteau planté de vignes, est-ce qu'on ne fait pas valoir à l'acheteu1· ce qu'on ~ppelle l'exposition î Dans ce cas, ce qui se vend et ce qui s'achète librement, nettement, en connaissance de cause, n'est-ce pas la place au soleil, la lumière même et la chaleur du soleil? L'hiver, fatigué, malade, allez demander au midi de la France un ciel plus doux, une atmosphère plus clémente. CI'oyez-vous que vous aurez à beaucoup chercher pour trouver dans vos notes d'hôtel l'air de Cannes ou de Nice. Oui, l'on est libre, mais pour le l'espirer il faut poul'tant être là où il souffle ou sommeille. Or cette place elle est appl'Opl'iée, oû voulez-vous qu'on le respire î Et enfin, pour revenir au fait commun, à l'exemple banal clt de tous les joul's, croit-on donc que les forces germinatives qui donnent au plus chétif tenancier sa récolte annuelle, appartiennent primitivement à la mince parcelle que détient sori propriétaire et que lui il exploite î Non, ces forces sont absolument des forces générales de la planète, du mon<le; électricité, mag-nétisme, chaleur, météores <lel'atmosphèl'e, Et qu'est-ce donc que la pal'celle '! Rien d'autre qu'un emplacement, une sorte de poste établi sui' leurs routes pou1· in parte quà les saisir. On pressent que le droit à l'emplacement n'est pas une possession inoffensive pou1· les autres hommes, mais apporte avec lui un ensemble de pouvoil's extraordinaires. Un homme nait dans une société dès longtemps organisée. Pas un pouce de terre qui ne soit possédé, défendu par un propriétaire. Comment vivra-t-il? Pour travailler il faut au moins une ]Jal'celle de matière. A moins qu'un pl'opriétaire ne Je veuille il n'aura pas une parcelle de matière, Des· fruits du soH Pas un qui ne soit gardé par une main qui le possède; à moins qu'un propriétaire ne le veuille, il n'aura pas un fruit du sol. Pour vivre si petit, si humble qu'on soit, encore Jau t-il une place où se pose1·, respil'el', dormir. A moins qu'un prnpriétaire ne le veuille, il ne peut s'asseoir, se l'eposer, poser debout ses deux pieds nus sur le moindre sol. li ne sert de rien de dil'e qu'il ne reste plus aujoul'd'hui de premie1·s occupants, mais que tous les po~sesseurs de la terre ont loyalement et intégralement payé la terre. Qu'importe! S'ils ont payé ce qui ne pouvait se vendre. La question est celle-ci : uu droit de propriété sur les choses peut-il devenir un droit de vie et de mort sur les hommes î par la possession intégrale des choses le droit de propriété peut-il aboutir à la possession des hommes? Est-il vrai que le droit d&propriété sui· la terre comprend l'accaparement des forces physiques et chimiques du globe et par suite la main mise réelle sur les hommes? Nous dirons avec l'auteur. On vient de lil'e et après avoir lu, il n'est personne doni l'opinion ne soit faite, nous ajouterons : et qui n'arrive aux conclusions du sorialisme collectiviste. La tel'l'e à tous dans su totalité, c'est-à-dire à l'Etat. L'auteur démontre ensuite avec la même auto1·ité l'étendue du dommage que causent à un pays les fraudes commerciales, finaneières, industrielles, et les dé:;astres qu'amènent les banques avec leurs émissions de billets et leu1· crédit. c L'emploi fait par une banque àe ses émissions de papiers est pire, au point de vue des dommages, que l'emploi àonné par les Etats à leur papier monnaie. Les Etats emploient au service de leur dette, du paiement de leurs administrations, à leurs énormes acquisitions <le toute sorte, la monnaie qu'ils ont fabriquée. Dans leurs mains elle est l'équivalent d'un impôt extraordinaire. Mais que fait une banque? Oh! des choses bien différente:; et en soi bien extraonliuaires. Elle prête. Qu'e~t-cc que prêter? C'est remeltrc en donnant

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