LES CONFLUENTS DU SOCIALIS>IE 21 ments, tous les sacrifices qu'elles commandent, que nous deviendrons assez nombr~u~, assez résolus pour vaincre la formidable coalition des forces du passé. pour écm·t0r l'amonrcllemcnt d'iniquités et ,lo scrviimlcs qui obstruent et ticnuent fermées les portes d'or des Edens sociaux de l'avenir. Nous insisterons sur ce point, déjà touché par nous (1). Non, il ne suffit pas, dans le conflit co11temporain,ùe faire appel aux intérêts économiques et aux haines de classes pour passionner le combattant et ennoblir la lutte. Le combattant socialiste a besoin de savoir· qu'il travaille, souffr@et lutte pour un complet renouveau du genre humain. Laissez l'idée de justice, de solidarité, <l'amour des hommes (sa religion humaine à lui), laissez-la lui inspirer la passion du devoir social, les joies du dévouement à la cause commune. Laissez qu'aux premières lueurs de l'aurore des rénovations, elle lui fasse entrevoir, dans les brumes du proche avenir, une humanité majeure s'élevant par la science, la solirlarité et la liberté, à un pla11splendide d'excellence morale, de puissance sur la 11ature, de bonheur individuel et social. Laissez cet homme de demain, qui porte au cœur la blessure des douleurs infinies de la terre, et sait que le grand'œuvre est de ùimimier la souffrance universelle et fl'augme11terla conscience et la justice sociales, laissez-le, comme le poète dos Contemplations, Embrasser les lointains splendide!'Ide la Tie; laissez-le voir en esprit les hommes futurs, non seulement plus heureux matériellement, mais encore ayant une conception plus élevée de la vie universelle, une notion plus précise des devoirs envers autrui; en un mot, plus grands par la pensée et meilleurs par le cœur; infiniment moins égoïstes, moins cruels que les hommes de ce temps. Ainsi armé dans son àme, le militant socialiste ira d'un cœur ardent au-devant de tous les sacrifices, au-devant de la mort même, sachant que le moment venu il pourra dire, comme l'Intégml, si magnifiquement campé par Fournière, ,lans un drame plilosophique qui restera: « Mourons en ;'oie, notre tâche est faite.' » Qu'est-ce, au surplus, que l'idéal? « Lïdéal, a très bien dit Elie Reclus (2), n'est que le développement de la réalité; tout idéal, fleur d'une réalité, sera son fruit dans un aYenir plus ou moins éloigné. » Ils pensaient de la sorte, les combattants et les martyrs héroïques de l'épopée républicaine française. Dans le mémorable procès, dit des Accusés d'avril (1834),Trélat, parlant au nom de ses co-accusés, (1) Revue socialiste Ju 15 octobre 188ï. . (2) Revue philosophique et 1·eligieuse, 1855.
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