216 LA REVUE SOCIALISTE LAMORTALITDÉESJEUN~SENFANTS Nous releYons dans les statistiques ofîtcielle::; que le nombre des ,16cès sur·yenus dans la première année ap1·ès la naissance est en moyenne de 230.000, en y comprenant '15.000 mort-nés enYÎl'on, alors que le chiffre clesnaissances n'atteint pas 900.000. EYic1emment,c1it-on dans les hautes sphères scientifiques, parmi les causes qui conti-ibuent à cette mortalité, beaucoup sont indépendantes de la Yolonté humaine. mais beaucoup aussi sont la conséquence de l'incurie des parents. D'après le D· Brochae,1, 100.000 nourrissons mem·ent annuellement en France de faim, de misère, faute de soins et cle surveillance. Pour M. Bou-rnt, ce chiffre peut être porté à 120.000 et enfin M. Théophile Roussel, qui a procédé à ce sujet à de longues et minutieuses enquêtes, estime que le chiffre des enfants morts en bas àge, et qu'une société prévoyante aurait pu sauyer, s'élèYe tous les ans à 150,000. Remarque assurément attristante, conclut l'auteur de cette note scientifique, le mal semble s'aggrm·er à mesure que le bien-être s'accroît. Ainsi, tandis que la mortalité enfantine pour la première année, c1e1840 à 1844 ne dépassait pas 13,9 pum' 100, elle est maintenant prés c1e26 pour 100. Elle est arriYée à ce chiffre par des accroissements successifs. Ainsi la statistique officielle, elle-même, est obligée de constater que, dans la mo1·talité des enfants, l'incurie des parents, la faim, la misère ont une g1·anc1epart, mais on n'a pas l'air de ti-ouyer que les causes de cette incurie, de cette misère sont justemcn t clans les 1wincipes sociaux qu'elle incarne et qu'elle défencl. Comment! on reconnaît que la bonne moitié c1esenfants meurent <1'nnmauYais état de choses et on ne cherche pas à l'améliorer, on critique au co1lt1·aireceux qui s'efforcent de changer de ::;i tristes con<1itionssociales. Cependant on parle de la ,1iminution de la JlOJmlation ! Nos santnts plus ou moins offlciels. en 1·eche1·chcnt,lJal'aît-il, les causes afin de les combatti-e. Allons clone! ces messieurs savent pertinemment. uien que, non pas la diminution, mais le faible accroissement
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