LA MORTALiTÊ DES JEUNES ENFANTS 217 ne la population, française surtout, est. uniquement rlû aux cornlitions hygiéniques (lans lesquelles viYent les travailleurs, à l'épuisement des forces physiques de ces derniers, - épuisement qui <lériYedirectement de la trop gran<le somme 11'efiol'lsqu'ils donnent an trantil et de la trop maig-re alimentation qu'ils peuyent s'en procurer en retoue. Les <leux.causes capitales ile_la mortalité ,les jeunes enfants sont l'ignorance et la misère des parents. Comment veut-on que les parents prennent IC'spr(,cautions nécessafres a l'éléyation de leu1·s enrants s'il· n·ont pas re<;u nm' inst,·uction préalable à cet effet? L'instinct, le> sentimf'n t dP la maternité ne sont pas surflsants pou1· connaît,·e les con<litions hrniéniques, absolument indispen ablrs au déYeloppement rl<' toutes ks forces o~ganiqnes d'un enfant. Comment veut-on que les parents rlonncnt a la socit'té <les hommes forts, Yigoureux., bien raits, si la misère les empêche de ùonnerdu pain a leurs enfants? La décadence physique, intellectuelle et morale <les hommes n·a <l'autre cause générale - je ne cesserai jamais ile le répétee - que la misère. Une instruction, une éducation plus 1·ationnelles, c'est-a'--clire plus conformes aux. besoins, aux. tendanct•s humaines, ainsi que cles con1litions sociales meilleures peuvent seules 1·éduil'e considérablement la mortalité <les enfants, de mème qu'elles pem·ent augment.cr la longéYité humaine et la somme cln bonheur unive1·scl. Il est donc faux. de di1·eque le mal s'accroît en 1·aison <lubien-ètre, c'est arriYer a dire que le mal engentl1·e le bien et 1·écip1·oquement. « on, il est. plus logique et plus wai ile dire que le mal s'accroit en raison du mal, et que le bien s'acceoît en raison clu bien. » Quant a la société 1wérnyante rlont pal'lent nos bourgeois sanmts ou plutôt nos savant$ bourgeois, nous sayons bien qu'elle n'est pas possible avec des principe: sociaux qui pe1·mettcnt à une minorité infime <l'ex.ploitei·et de plonger ,Jans la misère les trois quarts de leurs semblables. Une société préYoyante n'est possible que dans une société socialiste, c'est-à-dire permettant aux. parents de satisfaire avec empressement aux besoius, physiques et moraux de leurs enfants. JOANNÈS SAGNOL. 15
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