La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

UN LIVRE SOCIALISTE POLO:-AIS 197 lution française, Limanowski conclut comme suit: « La marche des éYénements qui, sous l'influence des passions et des désirs réveillés par la RéYolut.ion, arnient. débordé de leur lit, retournaient dans les limites qui leur étaient assignées par les conditions économiques et sociales. La RéYolntion avait été faite par la Bourgeoisie qui en profita le plus, car elle était armée de la science, des richesses et de la conscience tle sa yaleur. D'abord, elle ne séparait pas ses intérêts de ceux du peuple traYailleur, mais au fur et. à mesure qu'elle devint victorieuse, elle éliminait de plus eu plus ce ,lernier. « Deux mois seulement après la proclamation de la « Déclaration des droits de l'homme et du citoyen », dont l'article Ie•parle nettement tle l'égalité des droit.:a-politiques, la Bourgeoisie diYise déjà clans sa Constitution les électeurs en actifs et passifa; les premiees seulement, payant l'impôt égal au triple salaire cl"nnjournalier,ont le ,Jroit de voter. L'Assemblée nationale abolit les corps de métiers (4 août 1789), mais elle interdit l'organisation des associations ounières et prohibe draconiennement les g1·èws (14 juin 1791). « Ce décret, clit l'auteur, a démontré nettement le caract.èee bourgeois de l'Asseuiblée nationale.» Partageant l'opinion de Saint-Simon qui croit., que si la France ayait été une île, la Révolution eût ét.é plus courte et moins Yiolente, l'auteur 1lit: « Les jours sanglants de septembre avaient pour cause, ayant tout, la menace de l'cnyahis~ement étranger et de la perte de lîndépen<lance. Le patriotü,me, lié au sentiment réYolutionnairc, aYait engendré cette éne1·gie tePrible, qui a Yaincu la coalition rles monarques. » C'est la patrie en danger qui a provoqué l'insurrection du 10 août; c'est elle également qui a mis en tète de la France un petit groupe de patriotes exaltés, clevenus ensuite tout puissants. N'ayant pour appui que le peuple parisien, la Commune <leParis exerce sa pression sur l'Assemblée législative, qui proclame le suffrage uniyer::;el. La Convention, élue par le suffrage universel proclame la République et condamne le roi à mort. Par cet acte; la France rompt ouvertement avec le passé; il ne lui reste plus qu'à combattre pour la victoire ou la mort. Le gouyernement passe aux Montagnards, la Terreur règne, la guerre continue, la France est sauYée. Le gom·ernement des Montagnards c'est, selon l'auteur, le gouvernement llu peuple,mais,hélas! encore inconscient; il Jle subsiste que par la terreur, effraye la bourgeoisie et. se distingue par cles réformes sincèrement démocratiques. L'auteur relèYe surtout celles qui aYaient pour but, sinon l'égalité économique, au moins le bienêtre du peuple; par exemple, la taxe sur le blé, l'impôt progres~if. On a même songé à l'extinction de la misère, comme on le Yoit dans le projet élu comité de salut public, présenté le ~2 floréal par

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