La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

1!)8 LA. nEVUE SOCIALISTE Ba1·rè1'e. On dit dans ce document quo la mendicité est incompatible avec le gouvernement ,lu peuple, qu'il faut supprimcP l'esclantgo ,les pn'micrs besoins, lo joug cle la misère et ccUc abominable inégalité, où l'un jouit démosnl'ément de richesses, tandis quo l'auLL·o 1mbit tom; los tourments de l'incligenco. Avec la chute dos plus détel'minés Montagna1'ds, malgré les éton11ant.ssuccès ,los armées françaises, la réaction commence. « Lo peuple tt•ayailleur n'était. pas encore mûr pour lo Pôle llo f'act.our politique conscient. Il H.Yaitune certaine influence sous la tntollo dos l\Iontag1rn.t·<lsq, ui étai ont ses p1·omim•si nstl'uctcurs politi,1nos, mais qui no savaient pas oux.-n1ê111oscc qu'il fallait faire pou1' arrivcP an bonheur ,lu peuple. Ils mat·chaicnt à tàtons, a\'OC inco1'tit.ndo, et une énergie quclr1ucfois cont11adictoil'c. » Ayant ainsi carnctél'isé le l'ôlo ,loi, :Montagnards, l 'autcur passe en 1·c,·nc les révolutions ouropôennos <lol'époque, et démontre l'influcnco ox.ercéo snl' elles par la R6Yolution française. Dans lit République do Genève, on anüt Rignalé déjà, on 17G2, le conllit OJJtrela Bourgeoisie et l'aristoc1·atie gouye1·nante. En 1782, les réyolutionnaii-es s'emparèrent mémo du gouy01•11crncnt,mais l'i nto1·,·ontion des teoupos coalisées : ü-a.nc;aiscs, sardes et hm·noisos, 1·établit le statu quo. Lo pa1'ti (los « EgalisOUl'S,,, proclamant l'éga.- lilé politi(1uc, ten.La,en 1701, un coup 1l'Et1:1.mt,ais sans !,;UCcèsi;l no [JCt'di I pas C:Olll'êl/),'(' pour cela C't, en 1702, le;,;mêmes « Egaliselll'H -» se rcndi1·cnt maîfres du gouyornomont et proclamè1·01ll l'égalité potitique. C'était l'cntt·éc dans la Yoie réYolut.ionnail'e. An commencement ile 1703, l'AssernlJléo nationale gcnèYoise élaboea une Constitution, ayant pour base la Déclaration des droi'ts de l'homme et plus 1wogessisto encore quo la Constitution franc;aise. Le ;-;uffrage électoral était appliqué mêrn<•dans l'armée, qui antil k d1·oit d'éli1'0 f.\Osoffîciet's. Cette Constitution fut yotée en 1704. La l'é\'OluIion de GcnèYc est une réYolqlion frai1c;aiso en rniniatm·c; il s'y forma des partis imitant les pal'ti:,; l't·ançais; kH Monlag11ai·clsgcnèYois ful'ent même plus socialistes quo les Montagnm·ds ll'ltfü:ais. comme en tômoip;no leur projet de limitation des fortunes 1wivécs au maximum (1() tlix mille francs. Lo surplus devant être con!lfiqué par l'Etat au pt·oflt dos pauncs. Au mois de juillet, les Montagnards gcnèYois s·cmparè1·cnt Yiolemment du pouyoir et la tc1·reur règna comme en F1•0.ncc; mais elle ne dm·a pas longtemps, ce que Limanowski ex.plique pa1· l'alJscncc do danger cxtérieul'. Les réformes, ayant pout' but l'égalité économique, se bornèrent pour le moment. a jeter tout. le üu·,loa.u <lesimpùt:- sur l'aristocrat.io. La chute des Montagnards out pour résultat l'ajournement cle toutes les questions sociales.

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