La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

1!16 LA ru~VUE SOCIALISTE uu petit uornb1·etle propriétai1·es; Vasco réclame le <lt-oitau trantil, il veut également que chacun soit pro1)l'iétaire <lu sol; Filangieri enfin réclame la juste répartition des biens et considè1·e la misère comme cause principale rlu crime. (1) Les deux clemiers écrivains penchent -ve1·sle socialisme, qui, dans la litté1·ature franç~ise, trouve ses principaux apôti·es ,lans : Mably, Morelly, Diderot et J. J. Rousseau. Ces quatre penseurs ont pour but non pas les intérêts d'Etat, comme les physiocrates, ni la production, comme les irnlustrialistes, mais le bonheur du peuple. J. J. Rousseau critique l'ordre social et politique; il demande la centralisation politique et des réformes, ayant pour but l'égalité <los biens. - Morelly considère comme seul remède cont1·e les maux sociaux la communauté des biens. - Mably propage-les mêmes idées; il demande des lois agraires, la supp1·ession de l'hè1·itage ,etc. - Linguet parle contre l'inégalité des biens et l'eschwage économique de l'ouvrier. - Brissot, adversaire acharné de la propriété imliYiduelle, dans son livre : « Sur la propriété et le vol, » dit, que rians l'étatnatmel, celui la est un voleur,qui possède plus quo ce dont il a besoin; dans l'état civilisé on appelle voleur colu.i qui -voleles 1·iches.Brissot persiste dans ce point de vue; c'est ainsi quo dans sa brochure sur les divers systèmes du gouvernement, il traite la propriété inclividuelle « de crime contre nature. )) Les idées socialistes retentissent dans la littérature polonaise. Stasziz dans son lin'e : Observati'ons sur la vie de Yean Zamoyski (178:5), tlit : (< Dans les sociétés modernes, où chacun possède son meuble ou immeuble, il faut infiniment plus de lois que dans une société où toute propriété est commune. » Dans le même sens, mais plus exalté, parle l'aristocrate polonais Adam Dzewuski clans ses : Pensées sur la /'orme du gouvernement républicain. L'auteur constate les tendances socialistes chez Condorcet et Necker. Ce dernier clans son traité: Sur la législation et lecommerce des gmins prouve que la liberté est incompatible ayec l'inégalité économique. Après avoir terminé son enquête, Limanowski pense que les théories physiocratiquescleyaientéchouer, grâce a leur consenatismo politique, et tomber avec l'ancien régime qu'elles tàchaiont do soutenir. L'industrialisme doit sa Yictoire a l'émancipation politique de la bourgeoisie. Le socialisme appartenait a l'avenir, il ne pouvait trouver d'appui dans les masses inconscientes d'alors. Apt'es a-voir décrit soigneusement la marche de la grande Révo- (1) Ce caractère humanitaire de l'économie politique italienne a été pour la premiere fois mis en lumière par B. Malon ; Histoire critique del'économie politique Lugano 1876 et Manuel d'Economie sociale, Paris, 1883.

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