104 LA REVUE SOCIALISTE aristocratique des mœurs. Ce relâchement était si général qu'il était qnclqn0Coisuu titre pour arrivet· aux plus hautes dignités, vu que la cout' royale fl'ançaise comme toutes les cours de l'époque tl 'aillem·s, était. le foyer du vice et de la corruption. » La c1·itiquophilosophique française ne s'en tient pas anx choses J'oligiouses; elle aborde les questions politiques, économiques et sociales et condamne le viemt momle en prêchant lel"li<lées ré-volution11aires (Diderot, Morelly, Mably, Linguet, Beis:ot, etc.). Elle ne fut pas moins bien accueillie de ce chef et l'on put voit·, gt'ëlce à la naïveté ou à l'exaltation <les classes priYilégiées, les idées réYolutionnaires se répandre en plein jour llans le public, et gag-nc1m· ême les gou-vernements; bien plus, chaque monat'quc affecta de s'entou1·c1·de philosophes et de réformateurs. Pat·fois l'al'istocratic libél'ale suivait l'exemple des souYcraimi, cc qui ani.it plus de yalcur parce qu'en -ce cas elle émancipait ses se1-fset remplaçait la conée par le fet•mage (Pologne, Danemark, Allemagne). Dans cet état de l'opinion les réfo1•mes gouYernementales eurent toujours pour but, au moins apparent, le soulagement des masses qui de leni- coté s'agitaient et dcmarnlaient, plus de liberté et de justice. Cc côté est peu con11u, pourtant nombreuses furent les révoltes etjacqueries au xv1n• siècle. Bn Nom1andie on cornple, do 1720 à 17G8, neuf réYoHes causées par la rni:ère. En Bohême, dans le 'l'yrol, les P1•oyinccsRhénanes, la 'l'ransylYanie, la Pologne, il y eut également de redoutables insurrections populaires notamment paysannes, causées 8Urtout par le8 écrasantes chai·ges del'impôtetles barbctt·es procé<lé8des fermiers généraux, royauté pourrie, aristocrat ieco1·1·ompucf,inanciers Yolcurs, bourgeoisie ntpace s'enten!létnt pour premll'o au paun·e il'aYailleur son demier abri, son dernier morceau de pain noir. La France penchait yers la faillite: des réf'ormatem's se présentèrent, les Physiocrates ayec Quesnay en tête. Considérant le sol comme source unique lle la richesHe, ils pt'êchèl'enL l'encouragement de l'ag1·icultm·e et, rlans ce but, 1·éclarnè1·cntl'abolition de la conée, ce c1ui est. <l'ailleurs leur grancl mé,·ite. Conservateurs eu politique, ils exercèrent une grancle influence llans les cours. Aussi not1s voyons 'l'm·got auprès de Louis XVI, teutanL de sauver la 111011a1'chiceroulante; Dupont <le Nemours auprès du 1·oi de Pologne; Me1·ciercle la RiYiè1·0 a la com· <leCathel'inc II. Du reste tous les soUYet·ainsétaient pat'Lisans des i<lécsphysiocl'atiques. En Pologne, pays agl'icolc par excellence. les théol'ies ph,rsiocratiqucs influèrent g1·andement sur la« Constitution du 3 mai ,. (1701), qui reconnait le droit de suffrage presque exclusivement aux grands propriétaires fonciers. L'un des auteurs de cette Constitution, Kol-
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