UN LIVIIE SOCIALISTE POLONAIS 103 outre le mé1·ite original de s'ètre constamment assimilé la riche littérature -politique polonaise du xvm• siècle, peu connue jusqu'ici à l'étranger, et qui jette pourtant une YÎYelumière sur la marche du mouvement social, surtout dans l'Europe orientale. Après avoil' caractérisé les courants réfcmnateurs, qui agitaient les esprits arnnt la RéYolution française, Limanowski s'éten,l plus longuement sur les écoles économiques cluxvrne siècle et il consacre notamment un long et important chapitre à Mably, J. J. Rousseau et Morelly, comme précm·seurs du socialisme moderne. Ensuite il passe à la RéYolut.ionfrançaise, qu'il déc1·itdans ses gl'an,les lignes, en insistant sur les questions sociales qu'elle a souleyées, ainsi que sur l'influence qu'elle a eue sm· le monde ciYilisé. Dans une Histoire du mouvement social dans la deuxiéme moitié du xv1n° siècle, on ne pouvait négliger la Révolution polonaise, s'accomplissant à l'autre bout cle l'Europe, indépendamment, quoique parallèlement à la Révolution française et qui fut étouffée pal' la coalition monarchique. Limanowski est lumineux sur ce point. Dans un ordre plus théo1·iqueYiennent ensuite la critique de la théorie de Malthus, cet éni.ngile des économistes bourgeois, et une apologie de Godwin, l'adversaire du malfaisant auteur de la Théo,·ie de la population et chef véné1·éde la démocratie sociale anglaise à cette époque. En Îln le li·\Te de Limano,vski se termine par une bonne et substantielle étude sur la conspiration de Babœuf, le dernier mot du grand mouvement révolutionnaire ùu xvm• siècle. Les courants réformateurs, nès sous l'influence de la Réyolut.ion anglaise et du criticisme de Locke apparaissent aù commencement du xv1w siècle dans la littérature anglaise (Schaftbesbury, Toland, Swift, Bolingbroke), qui at.taque le principe de l'origine diYine du pouYoir, l'église, la religion, et même prêche ouvertement l'athéisme. Ces courants se propagent bientôt dans le public, surtout dans les hautes classes de la société. De l'Angleterre ils passent en France, où ils trouvent un terrain beaucoup plus favorable et grandissent, puisant leur force dans la lutte incessante contre les entraves inquisitoriales et gouvernementales et dans le mécontentement général. Alors naît en France cette formidable littérature, dont le criticisme ébranlera les institutions cardinaies de la vieille Europe. Après avoir commencé par la critique de l'église (Montesquieu), elle attaque le catholicisme, le christianisme (Voltaire), passe à la religion de la nature (Diderot), à l'athéisme (Helvétius) et elle finit par remplacei.· la religion par un système de philosophie matérialiste (d'Holbach). « Dans les haut.es sphères de la société, dit. l'auteur, ou ne prévoyait pas la gravité des conséquences et on applaudit naïvement. au criticisme, dont les théol'ies semblaie'nt justifier le relà.chement
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==