188 L!\ REVUE SOC'.IALISTE Cette thé01·ie 11·estautre que celle de la, moi-ale utilitaire ou scienti!lque, qui commande à l'homme cle réaliser son bien sur c0tto t01·1·c,par le déploiement de sa tl'iple actiYité, physic1ue, intellectuelle et morale'. Aussi éloignée clu pessimisme énenant que de l'optimisme béat, elle compod<' et utilise toutes les énergies de la Yie humaine, et l'histoire même de la Grèce, axec son culte de l'art, ,le la science et ,le la beauté, n'est que la mise en pratique (le ces n·ais pl'incipes dont Aristote nous a donné la t.héo1·ic.Loin de consacre1·, comme on l'a ,lit, le ti-iomphe cle l'égoïsme, au sens méprisable du mot, elle ne peut se concilier au:conti·ai1·e, qu'ayec le resped du bouheul' et <les,h·oits <lesautres. Cette mo1·ale purement humaine comporte d'ailleu1·s, mieux. enco1·eque l'éthic1ue la plus fantastiquement tl'anscernlante, tous les sac1·iflces axec tons ks déYouements. Il y aura toujours <lescœm·s ,l'élite, comme je l'ai <lit ailleues (1) poul' qui la gloire d'ayoi1· sen-i la bonne cause, quoique Yaincue, sera le bonheur le plus sublime et le plus 1·éol. "' Cela n'empêche, <litAristote, que l'homme pa1fait ne soit prêt à tout faire poue sa pati-ie et ses amis - même à mou1·ir pom· eux. Il négligent la richesse, les honneurs, en un mot tous le:-:;biens que la foule se ,lispute, ne se l'és01•yant que l'honneue et la gloil'e (to J(aton). Il préfëre une YÏYejouü,sance, no <lunH-elle qu'un moment, à une Yie <le plaisirs médiocees et sans gloi1·e. » (2) C'est le philosophe cle Stagire, si mal commenté jusqu'ici par ses ennemis, qui donne a la morale de l'Athéisme cet.te éclatante <:onsécration. Et non content cle tlétel'miner les bases clc !'Ethique, <le <léfini1· le concept de la justice si heureusement i,lentifié par lui ayec l'intérêt p:énéral, il a encore fait appel à la Fraternité. l\Iot nouYeau, s'écrie-t-on, sentiment inconnu aux. anciens! Sentiment tout antique, Yons dis-je, Aryen dans son essence, retrouYé seulement. ap1·È's dix-huit siècles pm• la H.éYolution, clans re temps où pa1· un aclmi1·able instinct, on n'imagina 1·ien <le mieux. pour incarner l'IIurnanité l'é~éné1·6e, que cle la l'e1wés0nte1·sons les espèces et les justice au« mémoire n° 1 ,., le mien, autant qu'il le pouvait, parlant au nom d'un corps savant, ou soi-disant tel, dirigé par les Franck et les Jules Simon. Mais, dira-t-on, qu'alliez-vous fairn dans cette ~alèl'c~ Voici : exilé alors en Angleterre et n'ayant aucun moyen de donner la JJUblicité nécessaire à un travail de ce genre, j'arnis voulu p1·endre date i propos d'une question aussi grave tour:hant laquelle je croyais, à ton ou à raison, avoir quelques idées originales. (Voy. le Rapport présenté à l'Académie au :-iom de la section de morale sur le concours de 1879 pour le prix de morale. Séances et travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, tom. 1H, 1~8l', 2° semestre). (1) L'Athéisme, Zoc. cit. p. 10J. \2) Ethic., Nicomach. IX. (page 1168 b 26).
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