LE 1HL/\N DU CHRISTIANISME ET DU JUDAÏSME 187 Do fait, jo ne chicanerais pas M. Renouvier sur ce passage, s'il n'a;\'ait ln prétention de parler en philosophe et non on simple littét'ateur. Le rii·e de Démocrite a passé à l'état do mythe llopuis Horace et Aulu-Gelle, et comme dans tous les mythes, il y a ici uno part de yérité : cela 1wouvc au moins que le Maître ,l'AbllèPc n'appartenait pas a la catép;o1·icdes philosophes plcurnichom's et pcsiümistes. Mais il eùt été au moimi conYC'nablcdo la part d'un historien d'inùiquce la l'éalit6 et de ne point paraître ip;no11orcc fragment ùu mênw Démocrite:« Il est bien, étant. hommes do no pas 1·ieo du nrnlhcur des autres, mai.s cloR'en affliger. >> (l) l\Iais a quoi bon insi ter ,laYllnta~c sur rexcellonco ,le la mo,·alc aryenne !lès ces temps rccul(•s, en appaœnce - en réalité si })l'ès clo nous - n'était l'abîme creusé pat• l'efip1·it s(•mitiquo? Et ne sufïlt,-il pas, pout' rallier los Ruffl'agos do tous les hommes cornp(•- tcnts, de citer la(< Morale cl'Aristoto » cc livre admil'tlblc et si 1wofond, cc code parfait où sont fo,·mulécfl dans lcm·s p:Pniules lig-ncs toutes les lois de l'Ethiquc? Là se Lt'OUYC établie victo1·ieusemont, ln théorie flCienWlquo de l'existence humaine et de ::;onbut : le bonheur. « Lo bien prop1·e do l'homme - dit excellemment le philosophe clo Slaµfrc, - le bonheur consiste dans l'activité ,les facultés intellecttiellcs et mot'ales, entretenues à lcU1· plns haut <lcgL·éclc pel'fection dnns le cours ,l'une Yic compl~tc et fnxo1·nble. Car une soule hit'Ondclle ne fait, ()füî le printcmp~, non plus c1u'nn fleul beau jour. » ('2) Diogène Laerce pour ce récit n'est autre qu'Aristoxène, nous sommes paut• étre en face de quelque chose de plus qu'une tradition (Histoire du Matérialisme, traduit par Pommerol avM une introduction par D. Nolen, t. I, p. 447), Zeller, dit-on, a rendu justice à Démocrite. Oui, mais pour lui, comme po ur M. Bénard, qui le copie, la mo1 1ale du philosophe d'Abdère est un « hors d'œuvrc ,, sans liaiwn avec le systome. Songez donc! un matérialiste pose r los vraies bases de ]'Ethique ! Cela ne saurait convenir à ces mesliieurs, pour qui l'athéisme ne peut être que la source de l'immoralité. Si la md'rale de Démo crite est bonne, c'est qu'elle est en désaccord avec ses prémisses. Ne cherchez pas la preuve de cetle assertion gratuite ; c'est un simple sophisme du gent·e ap pelé ignoratio elenchi, - ignorance voulue cle gens qui ferment les yeux à l'évidence. (Cf. Zeller, Die Philosophie der Griechen, Theil I, p. 630 19; t, II, p. 340 19 de la traduction Boutmy). (1) Ibid, fragm. 167. (2) Aristote. Ethic. Nicomach. I. 7 (p. 1098, de l'édition Becker). Telle est la traduction véritable du fameux psycliès energueia Kat'aretèn, etc. ainsi que je crois !'.avoir définitivement établi dans un mémoire inédit préseuté à l' Aca- démie des sciences morales et politiques, au concours de 1879. Je n'eus p as le prix naturellement, bien que, d'après le rapporteur, 1\1. E. Havet, mon victo• rieux concurrent n'eût absolument rien compris au caractère tout natural iste de la morale d'Aristote - qu'au contraire, d'après le mêm'3 rap;iorteur, j'a vais su très bien apprécier, M. Ravet, je m'empresse de le reconnaitre, à l'Ondu
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