La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LE BILAN DU C.HilISTIANISl\IE ET DU JUDAÏSME 189 apparences d'Athénè Promachos, la vierge du Parthénon, aclorée une fois de plus comme la Raison et comme la Liberté! Relisez les deux aclmirables liYres consacrés par A1·istote a la phili'a, et aussi les passages de la Politique où il traite de la conc0t·de entre les citoyens, dans ses rapports avec la bonne or1lonnance et l'intérêt de l'Etat. " L'Etat, dit-il, a sui-tout pour but le bonheur commun des familles et des indiYidus, unis au sens cl'une vie parfaite et libre. Cela suppose naturellement l'union conjugale, les phrateies, les sacrifices, les occupations de la Yie en commun. Tout cela est l'ouvrage de la Fraternité (philias); c'est elle qui dispose à la Yie sociale, dont la fin est le bonheur. » (1) Et encore celui-ci : « Le progrès des mœurs réalisera lu dicton, - tout est commun entre ceux qui s'aiment. » N'est-il pas éYiclentque le mot « amitié > e,;t.tout à fait insuflîsant pour trnduire ici le grec philia, et qu'il s'agit bien du sentiment décoré depuis du beau titre de Featernité? Mais il faut quitter trop tôt, en lui adressant un clemier salut, cette terre de Grèce où sous l'influence de l'élite aryenne, s'épanouirent à côté de la Science et de la Beauté, ces fleurs délicates qu'on appelle la BienYeillance, la Solidarité, la Justice. Quand Yiendra le temps où les rayons du soleil s'affaiblissant, sur ce globe déjà refroidi l'Humanité sentira sa fin prochaine, et que ce sera la consolation des survivants de la dernière heure, comme c'est celle de tous les mourants, de songer aux grandes choses accomplies et aux beaux jours passés, - nulle époque ne leur apparaîtra plus radieuse que celle où Periclès marchait clans sa douceur et sa sérénité à la tête de la Démocratie athénienne, libre et glorieuse; où l'amoureuse et sage Aspasie aux cheveux couleur d'un rayon de miel, montait à !'Acropole pour rendre hommage à la ~cule dl3ité secourable, à la Raison, cliYinisée par Phidias dans le « Temple de la Vierge», dans le Parthénon; où, s'il y avait des esclaYes, il n'y avait pas de prolétaires; où tout Athénien était citoyen; où la fortune des uns ne formait pas ayec la pénurie des autres cc contraste effroyable créé depuis par l'accumulation de la richesse commune clans les mains des banquiers juifs. Oui, quoi qu'il arriYe, et dût Jé1·usalem, - comme cela peut se craindre - nous écraser et nous dépouiller tout à fait, les yœux de Pallas Athéné en faveur de sa Yille chérie s'accompliront plus sûrement encore que les promesses des Prophètes, et Athènes, couronnée d'olivier et de Yiolettes, Athènes, la vraie Cité Sainte, paraîtra éternellement comme la gloire et la lumière du monde. (A suivre) A. REGNARD. (1) Politic Ill. p. 1280 b. 29.

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