La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LE DILAN DU CHRISTIANISME ET DU JUDAÏSME 185 se fait clerien, et rien ne peut s'anéantir. Sa théorie de la Nécessité que tant de niais·ont plaisantée à l'imitation d'érudits de mauyaise foi, est tout simplement l'idée de Loi substituée à celle de Hasard et de Pro,-idence. Cette notion del' annnké, dont il a le premier donné la clémonstration positiYe, la sagesse aryienne l'avait dès longtemps discernée clans le jeu inéluctable des forces cle la Nature. C'est elle que l'on retrouve dans tout le théàtre grec, comme on la reconnaît dans Shakspeare et chez tous les grands poètes de notre race, non contaminés par l'inoculation sémitique; Darwin n'a rait que compléter la clémonstration. Appelez cela « Dieux, » « Fatalité, » « Vertu, » « Hérédité, >) il reste acquis aujourcl'hui que la Yie humaine est dominée par le poids des générations antérieures, et que le crime et le malheur sont héréditaires parmi nous, comme autrefois dans les familles des Atrides et des Labdacicles. Sans compter que pour se placer à un point <le nie général, il ne faut jamé:1.is oublier que la YOlontéhumaine, bien qu'elle ait sa part indéniable dans la succession cleséYénements, n'en reste pas moins déterminée par l'enchaînement des faits naturels. « Les héros tragiques, dit excellemment Hégel, agissent en Yertu de tel caractère , de telle passion, parce que c'est le caractère, la passion qui leur sont propres; il n'y a là ni choix ni indécision. Ce qui fajt précisément la force des grands esprits, c'est qu'ils ne choisissent pas; ils sont ce qu'ils sont et cela éternellement, et c'est leur grandeur». (1). Quoi qu'il en soit, c'est à Démocrite, je le répète, que œvient la gloire d'ayoir établi les bases scientifiques de !'Ethique, comme elles cloiYentl'être, non sur je ne sais quelle intuition cl'une àme immatérielle et chimérique, mais sur la nature même de l'homme, qui lui commande, au nom de l'intérêt général autant que particulier, de chercher son bonheur dans cette Yie. Or, le bonheur se trouYe, dit-il, dans l'équilibre de l'àme (euthumia) affranchie de toute perturbation; (2) on y arriYe par la Science, qui nous déline des craintes ridicules et superstitieuses (3), nous apprend à discerner les plaisirs Yéritables, à en jouir ayec modération (4) et à borner nos désirs (5). « Il n'y a de satisfaction, m·ait déjà proclamé Kapila, que lorsque les maux de toute sorte Yiennent à cesser par suite de la Science, qui distingue les choses.» (6)N'est-ce pas un spectacle admirable que (1) Hég-el, Acsthetik, in tom. X, dds œuvres complètes, p. 533. (2) Voy. Mullacb, (Democriti Abder. op. fragm., Berlin, ·18i3, in-8~ fr. 1. (3) Fragm. 119. t4) Fragm. 47. (5).Fragm. 24. (6) Kapila, aphorisms of the Sankhya philosophy with trnnslation by Bal• lantyni,. Allahabad, in-8°, 1852. • 13

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