La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

184 LJ.. REVUE SOCIALISTE dit très bien M. Henri Houssaye. On verra plus loin comment en usa en effet, la société chrétienne, dont la deyise constante a été le c1·ifameux de Saint-Bemarcl: « Quoi <leplus Yil que la femme! » (1) Des rnœurs aussi parfaites au point cle nie <le la famille et. de la Yie sociale en générnl prouYent assez qu'en dehors ~leshabitu<lesmêmes, les principes essentiels cle !'Ethique ayaient été formulés, ou pouYaient l'être. Hégel, <l'accord ayec Platon, dit des Athéuicns « qu'axant Soc1·ate,ils aYaient cles mœm·s, mais point cle morale. >> (2) En Yét·ité ! Comme si les conternpot·ains dn plus grand cles siècles, axaient eu besoin <l'attenclt·e, pour aYoÏl· une morale, la Yenue <lece vieux baYal'<l,aussi peu Grec que possible, qui dut boire la ciguë beaucoup moins pom cause <l'inéligion, qu'on raison de sa haine pour la démocratie et de sa liaison a:rnc les plus Yils des tyrans, as:assins des pat1·iotes et destructeurs <les libertés d'Athènes (3). La Yérité est que les Athéniens aYaient une morale formulée ayant celle de Socrate et en termes précis, par l'un iles plus grall(ls philosophes de l'antiquité. Démocrite eut la gloire d'établir los bases dela morale scientifique ou inducliYe,decelle qui, fondée sur la natul'e de l'homme et sm· ses besoins, se propose pour but son bonheur et celui cle la société. C'est lui qui mérite <l'être cité comme le chef des (< sophistes », qui, cnyisagés sous loue aspect vét·itable, apparaissent dans la l)leine lumière des senices rcnclus à la Science, à la Mü1•ale,à la Philosophie, et non dans cette clarté sinisti·e répan1lue sur eux par la calomnie Socratique et Platonicienne. Il a posé les fondements du Matét·ialisme scientifique, c'est-à-<lire, de la Science même, en établissant que la Nature est éternelle, incréée : rien ne (1) H. Houssaye, À thènes, Rome, Paris, 1879, p. 86. ~ (2) Hégel, Geschicflte der Philosophie, in sammtliche Wertke, Berlin, 1833, tom. I. p. 43. (3) C'est aujourd'hui un fait acquis, reconnu même par les universitaires les plus encroûtés, qui ont été contraints de recevoir de l'étranger l'opinion />mise dès 1736 par notre Fréret, dans un remarquable mémoire que le savant Grote a été longtemps le seul à citer. « Nous voyons dans la harangue d'Eschine contre Timarque, dit l'académicien français, que l'on n'imputait point la mort de Socrate à une autre cause que celle que j'ai alléguée. Voici comment s'exprime cet orateur : « Et vous, Athéniens, qui avez fait mourir le sophiste Socrate, à cause des leçons qu'il avait données à Critias, l'un de ces Trente qui détruisirent le gouvernement populaire. etc. ,, (Observations sur les causes et quelques circonstances àe la condamnation de Socrate, par N. Fréret. Lues en 1736, publiées en 1809 dans le tome 47 des Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, p. 209-276). C'est là ce que M. Ch. Benard traduit en disant que « la liberté des paroles et des actes de Socrate déplaisaient aux Athéniens! » Je ne citerais pas son livre s'il n'appartenait à la série des manuels platement spiritualistes qui chez nous, corrompent la jeunesse en l'abrutissant, (La philosophie ancienne, ir~ partie, p. 169. Paris, 1885),

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