LE BILAN DU CHRCSTIANISME ET DU JUDAÏSME 183 posée dans les Ecclesiazousai avec un entrain et une précision qui laissent bien en a1. 0 rière les fantaisies du communisme aristocratique, de Platon. J'entends bien que le plus rétrograde des poètes se moque ici de ces aspirations; mais il n'en constate que mieux la réalité (1). Que si l'on veut des preuves plus précise:-; encore, on n'a qu'à consulter cet admirable traité de la Poütique, dans lequel Aristote a déterminé tous les élément~ ,le la plus complexe et de la pl.us importante des sciences. L'homme et la femme, tous deux éléments de la fumille, dit le plus grand des Philosophe:-;, forment aus:-;iles deux parties de l'État« de s01·te que là où la constitution n'a point parlé des femmes ))on peut dire que la moitié de ri~tat est sans lois)) (2). Et ailleurs : » S'il importe à la grandeur de la Cité que les femmes et les enfants soient dignes et estimables, il faut leur donner l'éducation qui leur convient. Or, cela est <'letoute éYidence, puisque les femmes forment la moitié des personnes libres et que les enfants sont les citoyens futurs )> (3). Mais, en voila plus qu'il n'en faut pour démontrer la fausseté de l'opinion généralement reçue, touchant la soi-disant situation infime et indigne que la société grecque aurait faite à la femme. « LePaganismelaplaçaitplushaut que ne l'a fait leClwistianisme», (1) Aristophane est assurément un très grand poète, mais un détestable citoyen. Je connais, pourtant, quelque chose de plus agaçant, s'il est possible, que les injures éjaculées sur la démocratie athénienne et sur ses grands hommes, par ce partisan des vieilles coutumes et des vieux tyrans : ce sont les lo11anges dont l'accable, même au point de vue politique, la bande des Univerl:!itaires. Voyez, comme spé.cimen, les notes d'un nommé Poyard, et surtout la déplorable appréciation de l'infâme pièce des « Acharniens », représentée à un des moments les plus critiques, pour les Athéniens, de la guerre du ,Péloponèse (Aristophane, traduction nouvelle par C. Poyartl, p. 4c). La préface de ce « Professeur au lycée Corneille » est un des monuments les plus remarquables de l'ignorance routinière des cuistres de collège. M. Jacques Denis a tenté de réagir. Mais il est fâcheux qu'après avoir fulminé avec autant d'injustice que de mauvais goût contre l'érudition des savants étrangers, il ne trouve rien de mieux que de reproduire les idées, et pour une bonne part, l'argumentation de l'un d'eux (M. Müller Strübing, Aristophanes und die historische Kritik, etc., Leipzig, '1.873).C'est M. Denis, lui-méme, qui prend soin de nous en informer (Jacques Denis, La Comédie grecque, 1 vol. in 8°, Paris, 1886, t. 1er, p. 24'2). Quant aux railleries de l'auteur des Nuées à l'adresse de Socrate, elles proviennent simplement de ce que le premier n'avait pas la moindre idée du véritable rôle de cet ergoteur, non moins rétrograde que lui. Il lui fait l'honneur de le confondre avec ces grands sophistes, Démocrite, Protagoras et les autres qui cherchaient à pénétrer le système du monde et p1·éparaient la science; de fait, il tire sur un des siens. Aristophanes, comme je l'ai dit- ailleurs, fut le Veuillot d'Athènes. (2) Aristote, Politiq. liv. 11,ch. 6. (3) lbid. chap. 5.
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