La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LE LILAN DU CHRISTIANTSl\IE ET DU JUDAÏSME 181 Oui, dira-t-on peut-être, nous yous accordons cela. Mais l'amour'? AYouezque l'antiqi.üté païenne n'en a pas connu les délicatesses, bornant tout à la fornication. 0 blasphème encore impuni clel'ignorance ou du jé,;uitisme ! Eh ! quoi, la patrie d'Hélène et de Sapho, aussi réelles l'une que l'autre, puisqu'enfin les grandes créat.ions de l'esprit humain finissent par apparaître et ayec pleine raison comme des représentations tout aussi objecti-ve$que celle de la nature même, - Eh! quoi, cette terre meryeilleuse n'a pas connu l'amour ayec toutes ses ardeurs et tous ses tourments! On frémit en songeant à quel point. l'esprit sémitique a pénétré et corrompu nos concept.ions, puisqu'il est panenu à fausser à ce degeé l'éducation de la jeunesse et l'opinion du monde. Je ne puis insister; je prie seulement les contradicteurs <le relire la Phèdre de Racine,et de considérer que cette analy ·e admirable de la passion amoureuse n'est qu'une copie - souYent fort au-dessous de l'original - de la Phèdre d'Euripide. Ah! sans doute, le théâtre grec n'est pas comme le nôtre, farci d'intrigues amoureuses ; c'est là un fait qui ressort. encore mieux. de l'étonnement manifesté chez nous par une foule de critiques, empressés a s'extasier sur l'Athalie de Racine, parce que cette tragéclie a pu être menée a bonne fin en dehors cleces intrigues. Mais, en Yérité,ce qui est une exception clans notre théàh'e, apparaît comme la règle chez les grands dramaturges de tous les temps. Voyez Shakspeare: à part Roméo et Juliette et quelques autres pièces,ses plus grands drames, Macbeth, le Roi Lear, I-Iamlet, Richard III, Coriolan, etc., ne reposent.pas plus sur l'amour que ceux. cl ·Eschyle, de Sophocle ou cl'EuriCulturgeschichte der Menschheit, 3• édition. Leipzig, 1885, t. I, p. 448, sq. - Honneger Allgemeine Kulturgeschichtè, Leipzig, 1886, t. II, p. 237, sq. - Iwan Müller, Handbuch der Klassichen A ltertums- Wissenschaft. Nordlingen, 1887, i. IV, p. 445, sq. Une dame Bader a publié chez nous sur la « Femme grecque » un livre au seuil duquel elle a trouvé moyen de déposer des ordures à propos de la Commune, considérée comme « la dernière convulsion du Matérialisme agonisant » (p. XI). Cette personne étonnante ayant dû constater la grandeur et la pureté de la femme gr~cque, s"en tire en déclarant que « même chez les peuples polythéistes le Verbe s'est révélé aux âmes d'élite, jusqu'au jour où l'humanité a reçu les notions élevées » etc. (t. II p. 434). C'est-à-dire que tous les g,ens de bien de l'antiquité étaient ùes Sémites avant la lettre. Ce procédé éminemment judaïque, ne pouvait manquer de plaire à l'Académie Française de 1872, qui s'est empressée de couronner Madame Bader. Je citerai au coo.trairc, comme un manuel excellent à consulter, le livre de M. V. Canet sur les « Institutions d'Athènes (2 vol. in-12, Paris, 1888).Il faut rendre justice à qui de droit, - même à ce professeur de 111 Faculté catholique de Lille qui, eo. dépit de •quelques tirades 01·thodoxes, d'ailleur:3 clairsemées, a su apprécier dignement, dans un travail plein d"érudition, la grandeur de la démocratie athénienne.

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