180 LA REVUE SOCIALISTR rang ,les Dieux, s'écrie-t-elle, un ami tel que toi.» (1) C'est dans le même esprit qu'O1·este s'écrie un peu plus loin: "J'ai YUla misère 1·ègner dans le cœm <lu riche et la générnsité habite1· le corps clu IJauYre... Voyez cet homme, il n'est pas <l'un rang éleYé parmi les mortels, il n'est pas fier de. a naissance; quoique so1'ti 1lu peuple, il a montré le!'-plus nobles sentiments. » (2). Je ne YOtHlt'i.lÏS pas insister: je ne puis pourtant, ayant cle clore la liste de ces exemples, résister au plaisil' cle citer la 1.ouchanto ayonture de Panthée et l'appréciation qu'en a faite une des femmes les plus distinguées de l'Angletene actuelle dans un remarquable article, où la beauté de la forme n'a cl'égale quo l'excellence clu fond. « C'est une des plus belles pages cle l'histoire clel'humanité,1lit mistress E. Lynn Linton, et qui nous rnonti-e la magnanimité ile l'homme et la noblesse de la femme au plus haut llcg-ré ,le pel'f'ection que pui!'-seatteindre la race humaine clans la splern1euemm',llc. Cette page nous remet fo1·cément en mémoirn J'ayentureanalogue tle David et de Bethsabée, tout en faisant ressortir le contmste entre la conduite d'un roi selon le cœu1· (le Dieu, Yis-a-Yis cl'Ul·ie,et <.:elle ,l'un abominalJle païen à l'ég,ml cL\.bea,1ate.Car C.n·us possède précisément cet empire sur soi-même qui fait <.:omplètement défaut a DaYid, et Panthée peut raconter à son époux comment, en son absence, le roi qui la tenait complètement en son JJOUYOÎl', s'ei'\Imontré « généreux, lo,ral et miséricordieux. enYers elle». Quan,l Yient le dénouement,et la mort cl'Abmdate sur le champ de bataille, Panthée ne Ya pas chercher des consolations r1ans de nouyellcs amours ou dans un royal mariage; elle se poignarde sm· le corps de son époux, « pose la tête sur sa poitrine et rneud.. » (3) Ainsi,l'amoul' conjugal et la piété filiale dans ce qu'il!'-ont rle pltrn sublime, la pudeur et la chasteté, l'exemple de la résignation et ile la doucom· enYer::;la mort, donné par ,le::;-vicwgespleines de jeunei'\s<' et <lebeauté, et sans la compensation attenr1ue rl'un paradis dans l'éternité - tous ces nobles sentiments, manifestation <léfinitiYe ,le la morale la plus suolime, nous les trounms ex.primés, et <1ans <1uelstermes admirables ! - chez les Aryens grecs du y• siëde ayant Jé5us-Christ. (4) (1) Ibid, v. 67. (2) Ibid, v. 369-70, 378-80. Voyez aussi la belle tirade de l'esclave dans IIélène (v. 711-19, 730-3( 1• (3) E. Lynn Linton Womanhood in Grec:ce (Fortnightly Review, mai 188ï); voyez Xénophon, Cyropedie, liv. 8. (~) Voir pour plus de détails, outre les ouvrages déjà cités: Barthélemy, Voyage du jeune Anacharsis, livre trop néµ-ligé et encore très précieux:, en raison du nombre et de l'exactitude des renseignements, avec citations à l'appui ; - Becker Goll, Chariklès ITI. - Léopold Schmidt, Die Ethik der alten Griechen, 2 vol. in-8° Berlin, 188~, tome Il p, 175 sq, - G, F. Kolb,
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